Le mot du «Temps»

Comme cet été pour évoquer la justice internationale, l’addiction, les défis éthiques du numérique ou les mémoires croisées Russie/Ukraine, une nouvelle fois Le Temps a choisi de donner les clés de ses pages consacrées au débat à une personne extérieure au journal, pour qu’elle nous apporte un regard différent du nôtre, une réflexion autre, des références nouvelles pour faire avancer la conversation démocratique.

Quels sont les défis économiques posés par la crise climatique? Quelles solutions sont envisageables? Doivent-elles être systémiques, se reposer sur la technologie, sur la bonne volonté? Une semaine avant l’ouverture de la COP27 en Egypte, le curateur de cette opération spéciale est l’ancien vice-président de la BNS Jean-Pierre Danthine, qui suit ces questions dans le centre Enterprise for Society (E4S) qu’il dirige. Il a choisi de partager cette responsabilité avec une économiste de E4S, Paula Cacault, et c’est ensemble, à quatre mains, que tous les jours de cette semaine ils vous présenteront le sujet du jour.

Jean-Pierre Danthine, ancien vice-président de la Banque nationale suisse, ancien président de l’Ecole d’économie de Paris, a occupé de nombreuses et hautes fonctions dans plusieurs institutions universitaires et financières. Il est actuellement le directeur exécutif du centre Enterprise for Society (E4S), affilié à l’Université de Lausanne – Hautes Etudes commerciales, l’institut de management IMD et l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne: E4S s’est donné pour mission d’inspirer et d’activer la transition vers une économie résiliente et inclusive dans le respect des limites planétaires.

Paula Cacault est économiste, responsable des opérations et chercheuse au sein
du centre E4S. Originaire d’Argentine, elle s’est intéressée à l’économie à la suite de la
débâcle vécue par son pays en 2001. Titulaire d’un doctorat en économie de l’Université de Lausanne, elle a enseigné à l’Université de Buenos Aires, l’Université de Lausanne et la Business School Lausanne.


(Dé)croissance et (dé)mesure, par Paula Cacault et Jean-Pierre Danthine

La COP27 nous concerne, évidemment! Pour en parler, nous avons choisi de nous focaliser sur cinq thèmes. Nous aborderons la consommation responsable, le rôle des entreprises, les perspectives d’une économie circulaire et le développement nécessaire des activités absorbant le carbone, en commençant aujourd’hui par le débat particulièrement vif opposant croissance et décroissance.

Vous lirez comment les chercheurs de E4S visent à remplacer le PIB par un produit intérieur vert, net du coût des dégâts à l’environnement et à la santé. Nous donnons la parole à Timothée Parrique, éloquent défenseur de la décroissance et des changements nécessaires dans notre système économique. Mais aussi à Alessio Terzi, pour qui l’innovation alimentée par la croissance sera un atout indispensable d’une transition réussie. Enfin Marek Harsdorff insiste, lui, sur la nécessité d’une transition juste qui peut vouloir dire croissance pour les uns (les pays pauvres), décroissance pour les autres (les pays riches).

Quant à nous, notre vision est la suivante: l’impératif absolu est de respecter les limites planétaires. Quelles que soient les conséquences de ce postulat en matière de croissance, il nous faut les accepter, en se rappelant que maintenir notre niveau de bien-être (plutôt que de croissance) et celui des générations futures devrait être l’objectif à atteindre.


Retrouvez toutes les contributions de cette semaine de débats

Le Temps publie des chroniques et des tribunes – ces dernières sont proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Qu’elles soient écrites par des membres de sa rédaction s’exprimant en leur nom propre ou par des personnes extérieures, ces opinions reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du titre.