Hexagone Express

CRS = SS, cinquante ans après…

OPINION Le débat sur la surenchère sécuritaire du gouvernement français face aux «gilets jaunes» sonne comme une répétition de l’histoire, un demi-siècle après Mai 68. La réalité est que des hommes, en uniforme ou non, se trouvent toujours derrière les lois. C’est d’eux, à chaque éruption de violence populaire, que tout finit par dépendre

Mai 1968 fut, avec le recul, une stupéfiante «révolution». D’abord parce qu’elle parvint, en trois semaines de revendications utopiques et d’émeutes parisiennes, à fissurer pour de bon la statue du commandeur de De Gaulle. Ensuite, parce qu’elle ouvrit le chemin des commandes de la France à une génération pressée de remplacer celle de la Libération.

Mais il y eut, les historiens l’ont beaucoup écrit, un visage bien plus sombre du «joli mois de mai», fait de violences, de peurs, de bastonnades, d’occupations d’universités et de moments où l’Etat faillit bien vaciller. Le slogan «CRS = SS» s’installa dans le paysage de la contestation hexagonale. Autour d’une idée simple: la police, en France, méprise à la fois la jeunesse et le peuple. La bourgeoisie et les classes dirigeantes, comme hier la monarchie ou l’Empire, auront toujours à leur disposition des flics zélés pour faire taire les rebelles.