Etaient-ils 1,7 million dans les rues de Hongkong ce dimanche 18 août 2019, soit un habitant sur quatre? Le chiffre des organisateurs était sans doute exagéré. Mais jamais l’ex-colonie n’avait vu une telle mobilisation. Convoquée pour 15 heures au parc Victoria par le Front civil des droits de l’homme, la manifestation avait attiré la foule dès la mi-journée. Le parc où trône une statue de la reine Victoria étant trop restreint, les organisateurs s’étaient mis en mouvement vers le centre financier de l’île. Sous la pluie, les Hongkongais avaient défilé dans le calme en scandant des slogans contre les violences policières, pour l’autonomie de leur territoire et le suffrage universel. Jeudi, la justice hongkongaise a reconnu «coupables d’incitation à une marche non autorisée» (seule la réunion du parc l’était) et de «perturbation au trafic routier» sept des organisateurs. Ils risquent 5 ans de prison.

Ces sept personnalités sont Martin Lee, Jimmy Lai, Lee Cheuk-yan, Albert Ho Chun-yan, Cyd Ho Sau-lan, Leung Kwok-hung et Margaret Ng Ngoi-yee. Ce sont des icônes des droits populaires. Martin Lee, un avocat de 82 ans, est décrit comme le «père de la démocratie hongkongaise». Jimmy Lai, 72 ans, est le patron du journal d’opposition Apple Daily. Plusieurs d’entre eux sont d’anciens députés. Tous ont lutté, sous le mandat britannique puis sous la souveraineté chinoise, pour faire de Hongkong un espace démocratique. Le 16 avril prochain, la sentence sera prononcée.