Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Cérémonie de la pose de la première pierre des travaux de construction des projets O’Vives des CFF et de la nouvelle Comédie de Genève, le mercredi 14 juin 2017 à Genève.
© MARTIAL TREZZINI / Keystone

Editorial

Culture, Genève en marche

Avec sa nouvelle Comédie qui sort de terre, sa Cité de la musique et son Pavillon de la danse en point de mire, Genève est entrée dans une ère de grands travaux. Mais il faudra que Ville, cantons et communes travaillent ensemble pour que ses investissements paient

Et si c’était l’âge d’or ou presque? Et si Genève venait d’entrer dans une nouvelle ère culturelle, à pas de loup, comme en flânant? De mémoire de chroniqueur, jamais autant de grands projets n’ont été lancés simultanément. Il y a dix jours, Natacha Koutchoumov et Denis Maillefer, à peine intronisés à la tête de la Comédie, posaient la première pierre d’un nouveau théâtre. Deux salles, un restaurant, des ateliers de construction dans un bâtiment assis sur une gare – celle des Eaux-Vives – et ouvert sur la ville: un rêve qui prend forme, après trente ans de gestation.

Lire aussi: A Genève, l’ère des grands travaux

Contagieuse, cette fièvre d’entreprendre? Mais oui. Jugez. Un groupe de personnalités fédérées par l’avocat Bruno Mégevand planche sur une Cité de la musique, soit une Philarmonie de 1700 places, destinée à combler les mélomanes les plus féroces. Ce complexe d’exception, dont la naissance est annoncée pour 2022, devrait coûter quelque 270 millions, financés par des fonds privés. Autres fleurons annoncés: un théâtre consacré à la danse contemporaine invitera au mouvement dès 2019, à deux bonds de la Vieille-Ville; le Théâtre de Carouge devrait lui aussi être reconstruit – les Carougeois voteront sur le sujet cet automne.

Que dit cette effervescence? Elle souffle que les projets sont d’autant plus forts qu’ils ont été mûris par des groupes d’individus, des professionnels dans le cas de la Comédie, des mélomanes pour la Cité de la musique. Ces réalisations à venir sont d’abord le fruit de la société civile, soutenues ensuite par les collectivités publiques. Il y a là une exemplarité.
Genève s’apprête-t-elle alors à changer de dimension? On peut le penser, tant il est vrai que des institutions rayonnantes contribuent à l’attractivité économique et à la vitalité d’une région.

Reste une zone floue qui gâche la perspective. Colosse fissuré, le Musée d’art et d’histoire (MAH) paraît condamné aux sables mouvants. Le 28 février 2016, la population opposait un non cinglant à son projet d’agrandissement. Depuis, on attend un scénario. Présidée par Jacques Hainard et Roger Mayou, une commission d’experts vient de rendre un premier rapport au Conseil administratif. Si tout va bien, selon une source proche du dossier, le MAH arborera des habits neufs en 2025.

La cité de Jean-Jacques Rousseau sera alors culturellement transfigurée. Forte de ces infrastructures, elle pourra prétendre au titre de capitale culturelle, à condition toutefois que la Ville, les communes et le canton surtout œuvrent de concert.

Car là est tout l’enjeu. Conformément à la loi sur la répartition des tâches, le canton s’est délesté d’un certain nombre d’engagements en matière culturelle. A terme, il faudra qu’il revienne complètement dans le jeu. L’âge d’or a un prix. Chaque franc investi dans la création rapporte, et même beaucoup, soulignait récemment une étude de la Haute Ecole de gestion de Genève. Il est essentiel que la culture fasse l’objet d’une stratégie commune, pour que tous ces murs flambant neufs ne sonnent pas creux.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)