Enfin! Les lieux de culture et de création devraient pouvoir rouvrir leurs portes à compter du 22 mars. La perspective de retrouver ces oasis qui permettent de s’évader, mais aussi de penser le monde, est réjouissante. Après une deuxième période de privation, les envies de cinéma sur grand écran et de spectacles vivants sont énormes, car aucune proposition virtuelle ne remplacera jamais l’intensité d’une vibration collective.

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Reste que les mesures qui devraient entrer en vigueur demeurent extrêmement contraignantes. Notamment celle limitant les jauges à un tiers des places disponibles, pour un maximum de 50 personnes. Une règle qui ne tient malheureusement pas compte des réalités concrètes très différentes des petites salles indépendantes et des grandes institutions.

Les parlementaires se sont enfin emparés de la question de l’élargissement des indemnisations aux intermittents et de la rétroactivité des aides. Mais il reste nécessaire que cette timide ouverture, assortie d’un nouveau risque de fermeture en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique, s’accompagne non seulement d’un véritable plan de relance, de soutien à la promotion et à la création, mais aussi de la garantie que les indemnisations se poursuivront tout au long de l’année. Car aucun lieu de culture, et plus encore les institutions privées, ne pourra survivre avec des recettes qui ne couvriront pas les frais de fonctionnement, d’autant plus avec une interdiction d’exploiter les bars.

70 milliards de retombées

Une étude fédérale réalisée il y a plusieurs années montrait que les retombées économiques des activités culturelles se chiffrent à 70 milliards de francs par année. Du petit artisan travaillant sur un spectacle à l’hôtel accueillant les spectateurs d’un grand festival, des transports publics aux restaurants, la culture ne profite pas qu’à celles et ceux qui la font, la produisent et la diffusent. Si elle est non seulement nécessaire à notre bien-être mental, elle l’est tout autant pour le PIB suisse.

Pourquoi, dès lors, ne pas la soutenir de manière plus volontariste encore, afin d’éviter des fermetures? Et sachant que les salles, où on est assis, silencieux et masqués, ne sont pas des lieux de contamination, ne pourrait-on pas garantir qu’elles ne refermeront plus, à l’image du modèle madrilène? S’il faut néanmoins trouver une vertu à la crise, saluons la manière dont les actrices et acteurs culturels venus de pratiques diverses ont réussi à faire front commun et à s’unir pour faire entendre leur voix. Mais le combat n’est pas terminé.

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