Gamin, j’ai attrapé un virus dont je n’ai jamais réussi à me débarrasser – ou plutôt dont je n’ai jamais voulu guérir: celui de la culture. Si je suis devenu journaliste, c’est pour le répandre, en vanter les vertus thérapeutiques et intellectuelles, pour tenter de contaminer le plus de personnes possible.

J’avais 8 ans lorsque tout a commencé, lors d’une projection d’E.T., l’extra-terrestre qui m’a bouleversé. Sans que j’en prenne conscience, Spielberg m’avait inoculé ce qu’on appelle la cinéphilie. Deux ans plus tard, Milos Forman m’initiait au classique avec Amadeus. Saint-Exupéry et son Vol de nuit me fera ensuite découvrir les plaisirs solitaires de la littérature, comme Matthias Langhoff me secouera au Théâtre de Vidy et Couleur 3 me fera découvrir les hérauts du rock alternatif.