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Il y avait probablement plus de sportifs dopés à la récente Coupe du monde que sur le Tour de France qui s’achève dimanche.
© Tim de Waele/Getty Images

Editorial

Le cyclisme mérite plus d'encouragements que de sifflets

EDITORIAL. L’Union cycliste internationale (UCI) consacre un quart de son budget global à la lutte contre le dopage. C’est plus que n’importe quelle autre fédération sportive internationale. Cet engagement mérite d’être reconnu et encouragé

Il y avait probablement plus de sportifs dopés à la récente Coupe du monde que sur le Tour de France qui s’achève dimanche. La Grande Boucle s’apprête pourtant à sacrer le Gallois Geraint Thomas dans un climat pesant de défiance autour de l’équipe britannique Sky, alors que la grande fête du football s’est déroulée dans l’insouciance générale. Pour rappel, le dernier cas officiel de contrôle positif à la Coupe du monde est Diego Maradona en 1994, ce qui, quand on considère que l’on parle bien de la compétition la plus médiatisée et la plus lucrative dans le sport le plus concurrentiel et le plus mondialisé, relève soit du miracle, soit de la fumisterie.

Lire également: Team Sky, en direct de la zone grise

Il est symptomatique que la Fédération internationale de football (FIFA) traque la faute d’arbitrage avec une débauche de moyens humains et financiers qui manquent cruellement à la lutte antidopage. C’est parce que, aux yeux du grand public, la prise de produits interdits fausse moins le résultat d’un match de football qu’une faute de main dans la surface non sifflée. En tennis, c’est la menace des paris truqués qui concentre l’attention et mobilise des budgets.

Du point de vue des fédérations internationales, la lutte antidopage n’est pas prioritairement une question d’éthique ou de santé, mais bien de crédibilité. Le fonds de commerce du sport est de prétendre offrir une chance à chacun et de récompenser le plus méritant. Le public du football ou du tennis ne remet jamais en question ce postulat; celui du cyclisme, moins nombreux cette année sur le bord des routes du Tour où, parfois, il apostrophe les coureurs, reste tenaillé par le doute. C’est beaucoup moins justifié que ça ne l’a été, mais l’impression demeure et le risque sans doute également. «Notre passé est devenu notre passif», reconnaît le président de l’Union cycliste internationale (UCI), David Lappartient, dans l’entretien qu’il nous a accordé.

Lire aussi: David Lappartient: «Aujourd’hui, un cycliste peut gagner un grand tour en carburant à l’eau»

Sa fédération consacre un quart de son budget global à la lutte contre le dopage. C’est plus que n’importe quelle autre, à notre connaissance. Malgré cela, les tricheurs conservent toujours un temps d’avance parce qu’ils agissent alors que l’antidopage réagit. Constatant l’utopie d’un sport totalement propre, trois éminents chercheurs de l’Université de Lausanne, Fabien Ohl, Raphaël Faiss et Martial Saugy, ont proposé cette semaine dans une tribune publiée par Le Temps que les fédérations internationales soient soumises non pas à une obligation de résultats mais à une obligation de moyens, et qu’elles soient jugées sur la qualité de leur engagement, sur les dispositifs de prévention mis en place et sur le fonctionnement de la répression. En un mot: sur leur sens de la responsabilité sociale. A cette aune, le Tour de France et le cyclisme méritent plutôt des encouragements que des sifflets.

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