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DULUTH, GA - OCTOBER 11: Damon Albarn of Gorillaz performs on stage at Infinite Energy Center on October 11, 2017 in Duluth, Georgia. (Photo by Paul R. Giunta/Getty Images)
© Paul R. Giunta / Getty Images

(in)culture

Damon Albarn, génie protéiforme

Le chanteur anglais faisait halte jeudi soir à l’Arena de Genève avec Gorillaz, ambitieux projet parallèle lancé en 2001. Pour un concert réconciliateur réunissant plusieurs publics et embrassant différents styles musicaux

Mai 1993. A Lausanne, Damon Albarn escalade le balcon du Mad, se suspend aux rideaux pour redescendre, sous l’œil de deux cents spectateurs perplexes et de quelques agents de sécurité fébriles, car sentant l’accident venir. L’Anglais est venu présenter le tout récent deuxième album de Blur, celui d’avant le tube «Girls & Boys», et on pense déjà assister au déclin d’un phénomène britpop destiné à faire long feu.

Novembre 2017. A Genève, Damon Albarn parvient à durablement faire monter la température de la froide Arena. Il promène pour la première fois en terre romande son cirque Gorillaz, pour un concert d’une ahurissante densité. Autour de lui, six musiciens, six choristes, et un défilé d’invités venant formidablement l’épauler – le trio new-yorkais De La Soul pour l’extatique «Feel Good Inc.», Peven Everett, Jamie Principle et la jeune rappeuse Little Simz, qui avait un peu plus tôt assuré la première partie de la soirée, flow d’enfer et présence scénique démente pour une artiste à la frêle silhouette que l’on espère revoir vite.

Damon Albarn apparaissait il y a un quart de siècle comme un gentil blondinet middle class, là où le rock préfère souvent les teigneux de mauvaise fréquentation. C’était sans compter une culture musicale alors insoupçonnée. Alors qu’on devinait dès la fin des années 1990 son intérêt pour les musiques métissées (soul, dub, funk, hip-hop, musiques africaines, etc.), il multipliera dès les années 2000 les projets parallèles – Mali Music et DRC Music sur le continent noir, The Good the Bad and the Queen avec Paul Simonon des Clash et le batteur Tony Allen, ancien complice du dieu de l’afrobeat Fela Kuti, ou encore Rocket and the Juice, avec le même Allen, et Flea des Red Hot Chili Peppers.

Lire aussi: Quatre fois Damon Albarn

Mais c’est bien avec Gorillaz qu’il connaîtra son plus net succès, dès 2001 et un premier album porté par un tube qui en live fait encore son effet, «Clint Eastwood». D’abord concept, groupe virtuel dont les quatre membres sont des personnages de cartoon créés par le dessinateur Jamie Hewlett, Gorillaz est devenu une formidable machine à groove. Sorti en mai dernier, le quatrième album du groupe, Humanz, est un disque manifeste synthétisant en 69 minutes le génie d’un chanteur, pianiste, compositeur et producteur protéiforme.

Jeudi soir, sur la scène de l’Arena, Damon Albarn a eu le triomphe modeste. Pas d’attitude de rock star, pas d’adresses emphatiques au public. Qu’il joue devant un public clairsemé (son concert au Montreux Jazz en 2014) ou devant plusieurs milliers de personnes, il reste le même, ce charmeur nonchalant que l’on remarquerait à peine si on le voyait accoudé au pub du coin. Or il est parvenu comme peu d’artistes à embrasser différents courants musicaux et à réconcilier plusieurs publics et générations. Gorillaz, c’est bien plus qu’un groupe. C’est une arche multiculturelle qui, en 2017, véhicule un message politique.


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