Digitale attitude

Du danger d’écrire des SMS en traversant la route

L’Etat américain du New Jersey veut légiférer en la matière. A cause des accidents de la circulation liés au téléphone portable

Consulter son téléphone en tant que piéton dans l’Etat du New Jersey pourrait bientôt être interdit par la loi. Les contrevenants seraient alors passibles d’une amende de 50 dollars ou de quinze jours d’emprisonnement, voir les deux. Une sanction qui paraît démesurée mais qui est la même que celle (rarement) appliquée à ceux pris en flagrant délit de «jaywalking», l’acte de traverser hors des passages cloutés. Les préoccupations liées à la sécurité sont à l’origine de ce projet de loi présenté par Pamela Lampitt, députée du New Jersey.

D’après un rapport publié l’an passé par l’Association du gouverneur pour la sécurité routière, depuis 2009, les accidents impliquant des piétons ont augmenté de 15%. Principalement dus au comportement distrait des détenteurs de smartphones. Alors, plutôt que de légiférer, quelques municipalités ont tenté de modifier la signalisation routière. A Washington, des chercheurs en sciences comportementales ont expérimenté un trottoir à deux voies, dont une rapide et l’autre destinée aux piétons texteurs. La grande majorité, le nez dans leur écran, n’a même pas remarqué les lignes de démarcation.

Et au volant?

Les villes de Chongqing en Chine, avec ses 28 millions d’habitants, et Anvers au Pays-Bas ont toutes deux tenté la même expérience, confirmant que ce comportement «tournesolesque» est bel et bien global. Mais, plus dangereux que le piéton qui envoie un texto, est l’automobiliste qui consulte son portable au volant. Selon une étude par le National Safety Council en 2015, les téléphones sont impliqués dans 27% des accidents aux Etats-Unis. Un pourcentage bien plus élevé qu’en Suisse (10% en 2013), probablement dû au fait que la grande majorité des Américains conduisent des modèles de voitures automatiques – laissant une main plus libre pour envoyer un SMS.

La semaine passée, l’Etat de New York a proposé à son tour une nouvelle loi permettant aux policiers d’exiger, en cas d’accident, de scanner les données d’un portable. Non pour accéder au contenu et porter atteinte à la vie privée de son propriétaire, mais pour déterminer si son téléphone a été consulté peu avant les faits. La technologie a été baptisée «textalizer», contraction de breathalizer (alcootest) et de texting. Cela semble être une bonne idée.

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