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Daniel Brélaz lorsqu'il combattait les JO à Lausanne, en 1988
© Letempsarchives.ch/page/GDL_1988_06_08/19

Conversation

Quand Daniel Brélaz sciait les JO à Lausanne

Un nouveau groupe Facebook est dédié à l’application de l’EPFL qui explore les archives des trois titres cofondateurs du Temps: palpitant

«Dans le temps, c’était le temps. L’EPFL a réalisé un outil incroyable pour s’y replonger – à chacun/e de partager dans ce groupe quelques perles, si possible amusantes et/ou étonnantes, de l’époque!»: c’est sous ce descriptif qu’est né, ce week-end un groupe public sur Facebook, à l’initiative du bouillonnant agitateur d’idées suisse romand, Kyril Gossweiler.

Lire aussi: «L’EPFL et «Le Temps» lancent un site à la pointe de la technologie pour faciliter l’accès à 200 ans d’archives»

Principe du groupe, au nom évocateur, «Etonnant dans le temps»: partir à la chasse aux pépites dissimulées dans les archives numériques des trois titres qui ont donné naissance au Temps: on parle ici de la Gazette de Lausanne, du Journal de Genève et du Nouveau Quotidien. Ces archives, elles ne datent pas d’hier mais l’EPFL en a complètement bouleversé et simplifié l’accès. Si bien que c’est aujourd’hui un jeu d’enfant d’y chercher son bonheur.

Il y a celles et ceux qui ciblent la publicité et qui exhument des antres du print et des âges les réclames les plus improbables pour des élixirs aujourd’hui disparus mais qui soignèrent l’Europe entière. Ainsi cette farine de santé «Revalescière du Barry», qui soigne tout, des dyspepsies aux pituites, en passant par les catarrhes, la chlorose, la phtisie, les fièvres et la migraine. Elle fait son entrée en fanfare en 1865, dans la Gazette de Lausanne, connaît un pic faramineux en 1899-1900, pour s’estomper, cassée peut-être par les pastilles Valda, vers 1910.

De la réclame, l’orpailleur Gossweiler passe à la petite annonce, qui constitue elle aussi un ressort inépuisable du rire, mais en dit long aussi sur les glissements tectoniques des mœurs et de la société. «Echange fille de patron», propose ainsi en cette petite annonce du 8 novembre 1924. Où il s’agissait, en tout bien tout honneur d’échanger des filles de patron entre PME de l’époque aux fins d’élargissement des expériences, mais entre gens qui se comprennent et occupent la même place dans l’échelle sociale…

Mais il n’y a pas que la pub dans la vie, pas que la réclame. L’info aussi fournit son contingent de prémonitions fulgurantes ou d’ironie cinglante. Qui connaît bien Kyril Gossweiler sait qu’il chérit le journalisme citoyen et n’hésite pas, à l’occasion, de pointer les contradictions des élus. On ne s’étonne donc pas de le suivre à la trace, via ses posts successifs sur Facebook, sur les faits et gestes du grand géant vert lausannois: on fait ici allusion au bientôt ex-syndic Daniel Brélaz. Et sa position, à la fin des années quatre-vingt, sur des Jeux olympiques à Lausanne: un fervent opposant… Tempi passati, e ben passati aujourd’hui. Ce qui fait dire à Denis Pittet, délégué à la communication et au sport international à l’Etat de Vaud – mais c’est à titre personnel qu’il s’exprime: «On se réjouit des débats autour de 2026…»

Car c’est là aussi tout l’intérêt de cette redoutable application chercheuse de l’EPFL: piquer la curiosité et provoquer ces très utiles chocs cognitifs qui permettent de relativiser l’histoire ou de la replacer dans une perspective qui invite à la modestie, et, in fine, à la prudence.

Comme certaines applications de Google, celle de l’EPFL fournit également un outil qui passionnera les amateurs de big data et de graphes: l’évolution dans le temps et les archives des mots, noms propres et concepts. C’est l’internaute Luc Erard, du coup, qui s’y est collé pour le groupe en comparant les occurrences de quelques termes finement choisis, comme «consensus», «capital» et «travail», ou plus cocassement «tunnel» et «sapin».

J’ai tapoté dans cet esprit «Marx», «Engels», «Keynes» et «Schumpeter»: la comparaison est éclairante. Marx est vainqueur dans les données, là où Schumpeter domine dans la réalité...

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