Daniel Favre, journaliste émérite et grand défenseur de la langue française, nous a quittés dimanche dernier à l’âge de 82 ans. Ayant passé sa jeunesse à Neuchâtel, canton auquel il était resté très attaché, il a ensuite vécu dans la région lausannoise. Il était d’abord une voix connue et reconnue pour celles et ceux qui écoutaient la Radio suisse romande du début des années 1960 jusqu’à 2004, date de sa retraite à RSR, dont il avait d’ailleurs été nommé rédacteur en chef honoraire.

Ayant conservé de nombreux réseaux politiques et parlementaires, cet ancien chef de la rubrique politique nationale était resté journaliste jusqu’au fond du cœur, curieux de tout et analysant l’évolution de notre société. Cette vocation l’avait conduit à se faire un ardent défenseur de la presse francophone, tant en Suisse qu’à l’étranger. Au moment de son décès, il assumait encore la fonction de vice-président de l’Union de la presse francophone (UPF) pour l’Europe et de président d’honneur de sa section suisse, après avoir présidé l’UPF durant douze ans.

On lui doit notamment la mise sur pied du festival Verbophonie, qui donnait une place de choix à la chanson francophone et l’organisation des assises internationales de la presse francophone, lors du Sommet de la francophonie à Montreux en 2010. Tout naturellement, Daniel Favre a lutté ardemment pour la défense de la langue française et contre les anglicismes inutiles lorsqu’il existe un équivalent dans la langue de Molière.

Un homme pétillant et chaleureux

C’est la raison pour laquelle, à sa retraite en 2004, il a créé, avec son ami et confrère, le regretté Jean-Marie Vodoz, l’association Défense du français dont il a assumé, jusqu’à son décès, la fonction de vice-président et de secrétaire général. Véritable cheville ouvrière de notre association, il fourmillait d’idées et a mené à bien, avec notre comité, de nombreux projets pour faire connaître et reconnaître notre cause auprès des autorités, des entreprises, des médias et de la population, notamment romande, par exemple les cafés francophones ou les très nombreuses démarches et entrevues avec celles et ceux qui martyrisent notre belle langue.

Très attaché à sa famille et à la francophonie, pétillant et chaleureux, il respirait une joie de vivre communicative, aimait les gens et les nombreux pays, souvent lointains, où il voyageait. Je l’ai d’ailleurs rencontré à plusieurs reprises lors des Sommets de la francophonie auxquels nous participions, avec des fonctions différentes, que ce soit à Québec, Dakar ou, encore récemment, à Erevan, en Arménie.

Le sens de l’humour

Son sourire empreint d’humanité, son regard malicieux, son sens de l’humour et de la formule, sa vaste culture générale, son enthousiasme et sa rigueur manqueront énormément à notre association dont il était, sans nul doute, l’âme.

Nous assurons sa famille et ses proches de notre très profonde sympathie.

Une voix s’est tue, un regard s’est éteint. Adieu l’ami, merci Daniel!


* Président de l’association Défense du français. Président honoraire de la commission de l’éducation, de la communication et des affaires culturelles de l’Assemblée parlementaire de la francophonie.

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