Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Il est à espérer que les valeurs défendues par le WEF survivront à une époque aussi incertaine.
© FABRICE COFFRINI / AFP PHOTO

Editorial

Davos, indispensable phare de la mondialisation

Depuis sa création en 1971, le World Economic Forum est à la fois le think tank et la chambre de résonance de la mondialisation

Il y a peu de moments dans l’histoire où l’on sent de manière quasi physique que le monde est en train de basculer. C’est ce qu’il s’est passé au World Economic Forum mercredi avec l’intervention du président chinois, Xi Jinping. Ce discours historique du dirigeant du pays le plus peuplé de la planète, converti au capitalisme depuis peu et qui prêche pour une mondialisation harmonieuse et la mise en place de l’Accord de Paris sur le climat, démontrait à quel point la boussole pointe désormais dans une autre direction. Le jour précédent à Londres, la première ministre Theresa May larguait les amarres d’avec l’UE et choisissait la voie d’un Brexit dur. Hier, le président Donald Trump investissait la Maison-Blanche à Washington avec isolationnisme et protectionnisme en bandoulière.

Lire aussi:  Comment le WEF a tenté de se reconnecter

Que Xi Jinping ait décidé de prononcer un discours aussi puissant à Davos ne doit rien au hasard. Depuis sa création en 1971, le WEF est à la fois le think tank et la chambre de résonance de la mondialisation. Trop longtemps dépeint par ses détracteurs comme un club de grands patrons oisifs, le sommet a en fait très tôt intégré les leaders politiques, les chercheurs et la société civile pour promouvoir la démocratie et le libre marché. Cette capacité à intégrer toutes les voix prêtes au dialogue a permis au WEF de s’affirmer comme toujours plus indispensable. La semaine dernière encore, certains s’interrogeaient sur la perte de vitesse de la manifestation. Celle-ci vient de faire la preuve éclatante de son importance.

Si le président chinois est venu en Suisse, c’est qu’il existe une tradition d’échange très forte entre les deux pays. Cela tient aussi à deux grandes institutions du soft power mondial installées sur les bords du Léman. D’un côté, le CIO, dont Xi Jinping n’a bien sûr pas raté la visite: le sport et les Jeux olympiques font partie depuis toujours des outils de promotion du pays à l’étranger. De l’autre, le WEF, dont la Chine a depuis longtemps compris qu’il lui permettrait de participer à la conversation globale.

Lire également:  Davos, capitale diplomatique durant une semaine

Le forum pourrait se définir comme la plateforme où les valeurs libérales qui ont façonné le monde de l’après-guerre sont évaluées et redéfinies chaque année. Les effets négatifs de la mondialisation, que ce soit par ses aspects économiques, politiques, sociaux, écologiques ou technologiques, ont ainsi toujours été discutés très en amont, sous l’égide du WEF. Des manifestations anti-OMC à Seattle en 1999 en passant par la création d’un contre-forum à Porto Alegre et jusqu’à la vague des mouvements populistes aujourd’hui, la contestation de la vision du monde portée par Davos a toujours existé. Contester ne veut pas dire pour autant mettre à terre et il est à espérer que les valeurs défendues par le WEF survivront à une époque aussi incertaine.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)