Economiesuisse est prête à prendre des sanctions contre la Russie, selon la «SonntagsZeitung» (accès payant). La faîtière des entreprises a donné des signaux favorables au Conseil fédéral pour que la Suisse se joigne aux mesures prises par l’Union Européenne contre la Russie. «A long terme, il est aussi dans l’intérêt de l’économie, que les fondements du droit international soient respectés», explique Jan Atteslander, membre du comité de l’organisation. Et puis, la Russie ne représente «pas un marché important» pour la Suisse, ajoute-t-il. Selon la «NZZ am Sonntag», les exportations vers la Russie ont baissé de 13,9 % en un an. Dans le domaine de l’horlogerie et des pharmas, la diminution est même supérieure à 20%. Cette tendance à la baisse devrait encore s’exacerber, selon le journal dominical, notamment en raison des sanctions prises par l’Europe et les Etats-Unis concernant le marché des armes, l’énergie et le secteur de la finance. Les visiteurs russes sont aussi moins nombreux en Suisse. Le mois de mai a enregistré une baisse de 24% des nuitées. Quant aux oligarques russes à Londres, ils retirent leur argent de la place britannique.

Pour l’expert en sécurité cité par «Sonntagszeitung», Mark Daniel Jaeger, il est toujours plus difficile pour la Suisse de se cacher derrière la neutralité. «Un refus d’appliquer les sanctions européennes pour des raisons de neutralité, n’est qu’apparemment le chemin le plus facile», estime-t-il. Si la Suisse voit l’approche russe comme une violation du droit international, alors les sanctions constituent plus un hors-jeu que l’abandon d’un point de vue neutre, écrit le journal.

Le Conseil fédéral étudie de nouvelles mesures pour que la Suisse ne soit pas utilisée pour contourner les sanctions contre la Russie, affirme de son côté Johann Schneider-Ammann dans Schweiz am Sonntag. Pour le moment, le ministre de l’économie refuse de reprendre les sanctions de l’UE: «Cela doit rester de notre ressort», estime-t-il, disant même même son opposition à l’application de sanctions par la Suisse. Il souligne que la Suisse a offert dans la crise ukrainienne ses bons offices, notamment au travers de la présidence de l’OSCE qu’elle assume actuellement, mais que les différentes parties n’ont pas voulus. «Ce rôle serait affaibli si nous reprenions les sanctions de l’UE».

Clé de répartition pour les réfugiés

Dans un tout autre domaine, l’organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) demande une révision de l’accord de Dublin sur l’aide aux réfugiés, afin que les requérants d’asile soient répartis selon une «clé précise entre tous les pays signataires de l’accord», écrivent Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung. L’idée de l’OSAR est d’élaborer une clé de répartition équitable en fonction de la puissance économique du pays d’accueil. Une proposition qui ne plaît pas à certains députés UDC qui préféreraient une répartition des réfugiés au prorata du nombre d’habitants. « Ainsi la Suisse n’aurait dû traiter que 7000 demandes en 2013 au lieu des 21 000 requêtes enregistrées», estiment les dominicaux.

Aide au développement en débat

Par ailleurs, plusieurs politiciens de droite veulent restreindre considérablement l’aide suisse au développement, écrit Schweiz am Sonntag. Selon eux, la Suisse ne devrait soutenir que les pays qui coopèrent avec elle – sur le renvoi des requérants d’asile déboutés - et ne poursuivent pas des minorités pour des raisons religieuse, ethnique et de langue. Les conseillers nationaux UDC Oskar Freysinger (VS), Verena Herzog (TG) et Sebastian Frehner (BS) figurent parmi les initiants, qui comptent lancer une initiative à ce sujet en septembre. Ils estiment que l’aide au développement pourrait ainsi être réduite de moitié.

Racisme sur Facebook

La commission suisse contre le racisme veut lutter contre la haine raciale sur Facebook, écrit la «SonntagsZeitung». «Nous devons empêcher que des déclarations punissables puissent rester publiées sur facebook», estime Martine Brunschwig Graf, présidente de la commission (lire aussi ici). «La haine raciale est une réalité qui s’est beaucoup intensifiée», poursuit-elle. « Il est important que le gouvernement suisse cherche le dialogue avec Facebook sur ces sujets. Nous devons nous assurer que de telles publications, dès lors qu’elle enfreignent la loi, ne puissent pas rester en ligne sur les réseaux sociaux.» Martine Brunschwig Graf affirme encore qu’il ne s’agit pas seulement de l’expression, facilitée par le réseau social, d’un racisme ordinaire mais qu’elle perçoit aussi une radicalisation dans ces prises de position haineuses. « Il suffit de lire les commentaires des lecteurs sur les médias en ligne: les gens écrivent de manière agressive, quel que soit le thème. Contre les étrangers, les requérants d’asile, les musulmans et les juifs.» Souvent, les internautes ne se dissimulent même pas derrière un faux profil pour distiller leurs commentaires haineux. Pourtant, la plupart de ces infractions restent sans conséquence. «Lorsque nous publions un article sur Israël ou sur les étrangers, bien souvent nous renonçons à activer la fonction commentaire», témoigne Christian Lüscher, responsable des médias sociaux pour le Tages Anzeiger, parce que l’avalanche de prises de position est trop difficile à modérer.