Mon premier contact avec le Festival de Locarno remonte à 1964. Je m’étais accrédité pour L’Action étudiante, le journal de l’Association étudiante de l’Université de Genève. Les principales projections se tenaient dans les jardins du Grand Hôtel. Alternaient les productions américaines, indiennes, de l’Est européen, de la France et de l’Italie. Je garde des souvenirs enflammés de Bande à part de Godard et de L’As de pique de Forman, qui obtient la Voile d’or, les léopards n’étant pas encore arrivés sur les bords du lac Majeur. Pasolini faisait déjà scandale avec Comizzi d’amore, enquête sur le sexe en Italie. Freddy Buache avait concocté deux rétrospectives passionnantes, l’une consacrée à Murnau où je fus subjugué par L’Aurore, l’autre à Munk. Autour de Godard, mes discussions avec Buache seront passionnées. J’étais un pro-Godard convaincu, lui un antigodardien farouche qui le traitait de fasciste… Il changera radicalement d’avis.