Pas de réaction spectaculaire de colère. Quelques pleurs, de l’amertume, des doutes et des interrogations sur leur avenir. Au lendemain de l’annonce que leur région, le nord des Lägern, dans l’Unterland zurichois, avait été choisi pour accueillir le site de stockage des déchets radioactifs, les habitants de Weiach, qui fêtaient ce jour-là les 750 ans de leur village, étaient plus résignés que révoltés. Ils le savaient, leur avenir n’est plus entre leurs mains. Dans moins de trente ans, si les autorités fédérales et éventuellement le peuple suisse – par référendum – le confirment, à 800 mètres sous leurs pieds, des kilomètres de galeries abriteront quelque 83 000 tonnes de déchets moyennement et hautement radioactifs provenant des centrales nucléaires suisses. Après plus de cinquante ans d’exploration, de sondages et de projets, la Suisse semble enfin s’acheminer vers une solution à très long terme pour assumer la sécurité de ses propres déchets nucléaires. La résistance de Weiach n’y changerait rien.