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Des élèves lors de leur rentrée scolaire.
© Salvatore Di Nolfi / Keystone

Editorial

Le défi de la rentrée scolaire

A chaque rentrée scolaire, les ministres de l’Instruction publique s’efforcent de mettre leur griffe sur ce qui reste un bastion de l’autonomie cantonale. Cette année, deux nouveaux venus se profilent: Cesla Amarelle et Christophe Darbellay. Notre éditorial

Au pays du fédéralisme, la conférence de presse de la rentrée scolaire est un classique de la vie politique suisse. Pour autant qu’ils soient dotés d’ambition, les ministres de l’instruction publique s’efforcent de mettre leur griffe sur ce qui reste un bastion de l’autonomie cantonale. Deux acteurs romands entrent en scène cette année, Christophe Darbellay et Cesla Amarelle. Avec une notable différence.

Le PDC valaisan n’a pas hésité à critiquer son prédécesseur et son héritage. Avec Oskar Freysinger, c’est aussi le projet d’appliquer en Suisse romande les thèses sur l’école de l’UDC suisse qui disparaît. D’inspiration exclusivement et excessivement conservatrice, ce programme avait rapidement suscité le rejet frontal de la majeure partie du corps enseignant. Avec Christophe Darbellay, c’est un peu le retour à la normale.

Pour se démarquer, la Vaudoise a la tâche moins aisée, vu qu’elle succède à une autre socialiste, Anne-Catherine Lyon. La nouvelle patronne peut d’autant moins se distancer de la très controversée loi scolaire, ce compromis à la vaudoise, que son parti l’a forgée, et qu’elle-même la soutient dans ses principes. Cesla Amarelle n’a pas moins profité de sa prise de rôle pour occuper des terrains laissés en friche par sa devancière, comme le numérique à l’école ou l’appui aux enseignants face aux élèves difficiles.

A ce sujet: Cesla Amarelle: «Je crois que l’école doit rester stable»

Rétablir le dialogue avec les enseignants

Malgré leur différence d’approche, le conseiller d’État démocrate-chrétien comme la ministre socialiste ont adressé aux enseignants le même message de reconnaissance. Dans un cas comme dans l’autre, il fallait rétablir le dialogue avec les professionnels de la formation, dialogue rompu par l’orientation idéologique d’Oskar Freysinger, dans un cas, par l’isolement technocratique d’Anne-Catherine Lyon, dans l’autre.

Les politiciens à la tête de l’école comptent parmi les politiciens les plus connus et, du coup, les plus exposés. Quelles que soient leurs convictions politiques ou leur vision de l’éducation, ils sont par ailleurs confrontés à la difficulté commune de combler un autre fossé scolaire: celui qui sépare le discours de la réalité. L’école publique se flatte à longueur d’année de promouvoir l’inclusion et l’égalité de chances.

Egalité des chances?

Mais ces valeurs sont loin d’être dominantes dans une société ou règnent plutôt l’individualisme et la compétition, comme les jeunes qui l’auraient oublié le constatent au moment de trouver un débouché professionnel.

De plus, aussi noble ou politiquement correct que soit l’objectif égalitaire proclamé, l’évolution de l’école produit l’effet contraire. L’enseignant spécialisé prend la place du maître de classe, la compétence relationnelle du pédagogue s’érode, alors même qu’une société multiculturelle et différenciée en aurait un plus grand besoin.

La promesse de l’égalité des chances laisse beaucoup trop d’élèves sur le bord du chemin, sans certificat, au terme d’un parcours cahoté. C’est là que réside le plus grand défi.

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