La chancelière ou le chancelier est le huitième conseiller fédéral, a-t-on l’habitude de dire: figurant sur la photo officielle, participant aux séances du gouvernement, tout concourt à souligner son importance. Outre son rôle d’état-major général, la Chancellerie est «garante des droits politiques», particulièrement dans le cadre de la démocratie directe. Comment remplit-elle ce rôle? Dans l’ensemble bien, évidemment, ce qui n’empêche pas que certaines dérives frisent le carton rouge.

Parlons tout d’abord de l’intitulé des initiatives. La règle veut que le comité en soumette le texte et le titre à la Chancellerie qui en contrôle la légalité, explique le site officiel. Or il faut bien constater que les textes les plus fantaisistes sont acceptés, qui trompent sciemment les citoyens, surtout ceux qui ne prennent pas le temps d’approfondir le sujet. L’exemple le plus flagrant remonte à 2008 où une initiative visant la dépénalisation de l’achat, de la consommation et de la culture du cannabis osait l’intitulé suivant: «Pour une politique raisonnable en matière de chanvre protégeant efficacement la jeunesse». Le choix du mot «chanvre» plutôt que «cannabis» était déjà spécieux, mais invoquer impunément la protection de la jeunesse frisait le grotesque. Pourtant, cet intitulé a été accepté et soumis tel quel aux citoyens, dont plus d’un a sans doute voté oui, croyant limiter l’accès des jeunes à la drogue.