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La presse traverse une crise qui, cette fois, pourrait lui être fatale. Le coup de grâce pourrait venir encore plus vite que prévu à cause de la fragilité du maillon le plus faible de la chaîne, les imprimeries.
© CHRISTIAN BEUTLER / Keystone

Editorial

Le dernier journal sera imprimé en 2021

La presse traverse une crise qui, cette fois, pourrait lui être fatale. Le coup de grâce pourrait venir encore plus vite que prévu à cause de la fragilité du maillon le plus faible de la chaîne, les imprimeries

La presse traverse une crise qui, cette fois, pourrait lui être fatale. Tout le monde connaît les difficultés du secteur: chute de la publicité, désaffection des lecteurs pour l’info payante, confiance dans les médias tombée au plus bas pour ne citer que les principaux écueils contre lesquels il se fracasse. Mais le coup de grâce pourrait venir encore plus vite que prévu à cause de la fragilité du maillon le plus faible de la chaîne.

Les imprimeries, la distribution et le portage des journaux restent des métiers du XIXe siècle. Mais ces tâches sont effectuées pour des entreprises du XXIe siècle. Et elles-mêmes n’ont plus le succès qu’elles connaissaient au XXe siècle. La production et la diffusion, qui ne pèsent presque plus rien dans la chaîne de valeur de l’édition, vont finir par craquer. La fin des quotidiens imprimés d’ici à quatre ans n’est pas un scénario irréaliste.

En effet, lorsque les imprimeries seront en bout de course, qui va encore investir dans ces coûteux outils industriels qui s’amortissent sur 30 ans? «Il n’y a qu’à les fermer et investir dans le web!», diront la plupart des observateurs extérieurs. Sauf que c’est encore la version papier du journal – et pas son site – qui génère la grande majorité des revenus.

Lire également:  La presse en détresse

Le combat s’avère particulièrement difficile quand, de l’autre côté du spectre, les géants de la technologie s’emparent de tout le gâteau publicitaire sur le web. Selon une récente étude, la croissance de la publicité sur internet dans le monde est captée à 99% par les seuls Google et Facebook. Vous avez bien lu: les médias traditionnels ont beau avoir fait des efforts colossaux pour se mettre à niveau dans le numérique ces dernières années, ils n’en retirent qu’une miette (et non pas des miettes) en ce qui concerne une des principales sources de revenus.

La question du renouvellement des imprimeries doit-elle vraiment devenir le nœud central du débat sur les médias? Evidemment non, il faut parler du fond. Mais la discussion sur la pérennité de la presse peine à dépasser le cercle des initiés. Pourtant, le journalisme de qualité reste le seul moyen de combattre les «fake news» et la propagande qui affaiblissent les démocraties et la formation de l’opinion publique.

Les éditeurs ont montré ces dernières années leur volonté d’investir dans le numérique. Ils ont adopté une approche entrepreneuriale basée sur l’idée que seule une information qui se vend est indépendante. Reste à savoir désormais s’ils vont trouver de nouveaux modèles d’affaires solides, s’habituer à jouer les mécènes ou travailler avec le secteur public. Créatifs, généreux et collaboratifs, ces trois qualités pourront même être combinées à l’occasion. Reste un impératif: il faudra aller vite car, au-delà de leur intérêt privé, il en va de la stabilité du système politique.

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