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Sans cette réforme, prévient Ueli Maurer, la catastrophe économique est annoncée.
© LUKAS LEHMANN

Editorial

Dernier kilomètre

Rater le rendez-vous de la troisième réforme de l’imposition des entreprises serait une erreur historique. Ou du moins une très grosse, et énième, perte de temps

D’ordinaire, le Conseil fédéral attend qu’une votation populaire soit tranchée avant de lancer la campagne sur l’objet suivant. Ueli Maurer vient de déroger à l’usage. Sans attendre l’issue du scrutin sur la sortie du nucléaire, le ministre des Finances a présenté jeudi ses arguments en faveur de la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III).

Officiellement, cette précocité serait due au calendrier: attendre n’aurait pas laissé assez de temps pour une campagne digne de ce nom. L’empressement du ministre reflète peut-être aussi l’importance de l’enjeu: à Berne, comme dans les cantons qui préparent sa mise en oeuvre, RIE III est bien la mère de toutes les batailles.

Lire également: La RIE III s'offre une campagne précoce

Ueli Maurer a distillé devant la presse mille bonnes raisons de voter oui le 12 février prochain. L’argumentaire est le suivant: RIE III doit permettre à la Suisse de rester attractive tout en supprimant ses statuts fiscaux spéciaux, internationalement condamnés. Et l’attractivité de demain repose sur un savant dosage: une baisse générale des taux d’imposition cantonaux et l’introduction de nouveaux instruments fiscaux conformes aux standards.

Sans cette réforme, prévient Ueli Maurer, la catastrophe économique est annoncée: les sociétés qui bénéficient aujourd’hui d’un statut s’en iront comme un seul homme, amputant les recettes fédérales de 5 milliards de francs et l’économie nationale de 150 000 emplois. L’apocalypse. Ce discours anxiogène portera peut-être. Il risque pourtant de se heurter à d’autres chiffres, brandis par les opposants: entre la baisse des taux et les nouveaux gadgets fiscaux, la réforme coûtera près de 3 milliards, beaucoup trop pour les collectivités publiques.

Loin de cette bataille comptable, un argument plus évident devrait convaincre les indécis: RIE III s’inscrit dans la (longue) marche de la Suisse vers la conformité fiscale internationale. Elle en constitue même l’un des derniers kilomètres. La Suisse a abandonné le secret bancaire, elle s’est convertie à l’échange automatique d’informations, pourquoi resterait-elle en rade en matière de fiscalité des multinationales? Durable, créatif et internationalement conforme, le paysage fiscal que dessine RIE III doit permettre au mauvais élève d’hier d’entrer, la tête haute, dans le nouvel ordre mondial. Rater ce rendez-vous serait une erreur historique. Ou du moins une très grosse, et énième, perte de temps.

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