Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Chaque année, le budget de la Confédération donne lieu à des échanges verbaux épiques au Conseil national, bien plus polarisé que le Conseil des Etats. 
© ANTHONY ANEX / Keystone

Editorial

Derrière les chiffres, un choix de société

EDITORIAL. Le choix final que fera le parlement concernant le budget de la Confédération, au terme de ses fiévreuses discussions, donnera une image de ses priorités et de ses visions

Chaque année, le budget de la Confédération donne lieu à des échanges verbaux épiques au Conseil national, bien plus polarisé que le Conseil des Etats. Ce mois de décembre n’échappera pas à la règle. Et les discussions s’annoncent encore plus vives que les autres années. Quatre-vingts propositions de minorité ont été déposées. Les trois quarts proviennent soit du camp rose-vert, soit de l’UDC. Quelle que soit l’issue de la bataille, le budget 2018 affichera un résultat positif dont l’ampleur variera de quelques centaines de millions.

Lire aussi: Un budget fédéral 2018 sous haute tension

Derrière les discussions de cette semaine se fera en quelque sorte un choix de société. D’un côté, l’UDC, avec l’appui d’élus libéraux-radicaux et démocrates-chrétiens sensibles à la cause, s’arc-boute sur la défense de structures paysannes qui traversent certes une période difficile mais qui ne sont pas forcément plus mal loties que d’autres branches économiques. De l’autre, une frange composée de sénateurs de tous les partis, à l’exception de l’UDC, demande un soutien plus marqué à la formation, à la recherche et à l’innovation.

Les montants en jeu pour l’année prochaine sont comparables: l’UDC veut 90 millions de plus pour l’agriculture alors que la commission financière du Conseil des Etats souhaite allouer 80 millions de plus aux hautes écoles. Mais peu importent les chiffres. Ces quelques dizaines de millions ne résoudront de loin pas les problèmes. Toutefois, le choix final que fera le parlement au terme de ses fiévreuses discussions donnera une image de ses priorités et de ses visions. Les défis du futur viennent de la numérisation de la société, tous secteurs économiques confondus, y compris la production agricole. Et c’est dans les hautes écoles que l’on mène les travaux et réflexions qui apporteront des solutions à ces défis. Il est dès lors logique de garder un œil particulièrement attentif sur les moyens mis à leur disposition afin qu’elles contribuent à préparer la société de demain à faire face à la profonde mue en cours.

Cela dit, il serait tout aussi judicieux de desserrer le corset imposé par la règle du frein à l’endettement. Cette contrainte budgétaire est une success story. Depuis 2003, date de son entrée en vigueur, la Confédération a réduit sa dette de 20%, soit de 25 milliards de francs. C’est considérable. La Suisse a aujourd’hui un taux d’endettement extrêmement bas. Mais le mécanisme a des effets pervers et empêche l’affectation de crédits non utilisés à d’autres fins que la baisse de la dette. Une plus grande élasticité dans ce domaine serait bénéfique. Des experts indépendants ont d’ailleurs déjà recommandé d’assouplir cette règle. Cela permettrait de répondre à la fois aux attentes des agriculteurs et à celles des académies.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)