Plus de femmes, davantage d’écologistes. Elections après élections, ces derniers mois, les commentaires se ressemblent inlassablement. Ils décrivent un changement politique profond, que la pandémie semble plutôt accélérer que freiner. Mais ces vagues verte et violette masquent un autre bouleversement, celui d’un incroyable rajeunissement de la classe politique. Au lendemain de cette journée marathon d’élections, le constat est partout le même, tant en Valais qu’à Fribourg ou dans le canton de Vaud: les jeunes se sont engagés comme rarement. Et ils ont été nombreux à être élus.

Lire aussi: L’indispensable sursaut des jeunes pour le climat

Le temps des notables, où il fallait attendre d’avoir dépassé la quarantaine et de s’être posé dans la vie pour espérer siéger à l’exécutif de sa commune est définitivement révolu. Ce dimanche, les exemples étaient légion. A l’image d’Yverdon, deuxième ville vaudoise, où une jeune socialiste de 31 ans, Brenda Tuosto, a fait sensation en étant élue à la municipalité dès le premier tour. Toujours dans la cité nord-vaudoise, la moyenne d’âge de la délégation verte au Conseil communal a chuté à 33 ans. C’est l’âge du socialiste Mathias Reynard, qui s’apprête à devenir le plus jeune conseiller d’Etat romand. La tendance n’est pas l’apanage de la gauche; le PLR est dorénavant la jeunesse de parti la plus représentée au législatif de Lausanne.

Lire également: La Suisse romande, toujours plus verte

2019, année charnière

L’année 2019, avec ses centaines de milliers de manifestants de la Grève des femmes et ses 170 grèves du climat réparties dans 60 villes – du jamais vu en Suisse depuis les mobilisations antinucléaires des années 1970 –, a été charnière. La jeunesse s’est littéralement emparée de la rue. Mais alors qu’on pensait les jeunes en rejet des institutions politiques traditionnelles, jugées inertes et anachroniques, ils étaient nombreux à s’engager au sein des différents partis, en vue de participer concrètement aux changements.

Lire encore: Le parlement ouvre la voie au droit de vote dès 16 ans en Suisse

Le phénomène est d’autant plus réjouissant pour la vivacité de notre démocratie, dans un climat de tensions lié à la crise sanitaire, que cette vague jeune est portée par la population. C’est le signal, au moment où les Chambres fédérales pourraient accepter l’abaissement de l’âge du droit de vote à 16 ans, que la Suisse doit faire confiance à sa jeunesse.

Lire finalement: Les femmes écrivent l’histoire à Lausanne et Fribourg