Affligeant spectacle que celui du désengagement de la Suisse d’un accord institutionnel équilibré et minutieusement négocié avec l’UE. La Suisse considère que le projet d’accord ne mérite rien de plus qu’un modeste satisfecit. Jugé adéquat au départ, ledit accord est désormais décrit comme une soumission institutionnelle à une puissance étrangère. Rien n’est encore décidé entre la Suisse et l’UE. La réunion au sommet tant attendue pourra-t-elle dégager un compromis?

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Ce revirement dans la politique d’intégration européenne de la Suisse a lieu dans un climat d’indifférence, même de dédain à l’égard de l’UE dont la sensibilité est tout aussi aiguisée que celle de la Suisse. Une question de fond et une autre de forme interpellent. Dans une négociation, la Suisse détermine seule quels sont ses objectifs et de quelle façon ils répondent à l’intérêt général du pays. Elle est libre de renoncer à ce qu’elle a promis. En l’espèce, la Suisse ne résilierait pas un pacte contraignant, elle ne ferait que marche arrière et en assumerait les conséquences. L’UE, son partenaire économique le plus important, ne peut s’opposer à une décision souveraine d’un pays non membre. L’exemple de la débâcle du Brexit dépasse de loin les atermoiements de la Suisse. La reconstruction de la relation du Royaume-Uni avec l’UE laisse perplexe et invite à la plus grande prudence quand on parle de bilatéralisme sectoriel entre la Suisse et l’UE. On l’a observé, l’UE n’a que faire de partenaires récalcitrants et équivoques.