Digitale attitude

Désécurisés, les Américains abandonnent Internet

Outre-Atlantique, près de la moitié des utilisateurs du Web ont réduit leurs activités en ligne, selon une enquête publiée récemment

Aux Etats-Unis, un sondage réalisé par l’Administration nationale des télécommunications et de l’information (NTIA) auprès de 41 000 foyers sur leur utilisation d’Internet, a révélé un comportement inattendu et alarmant: 45% des personnes interrogées disent limiter leurs activités quotidiennes sur le réseau, par crainte pour leur sécurité. Ainsi, 19% des personnes interrogées disent avoir été victimes de vol d’identité ou de violation de leurs données au cours de l’année précédant l’étude, menée en juillet 2015.

Parmi ceux qui ont subi le traumatisme d’un piratage, 35% n’effectuent plus de transactions financières sur Internet et 33% n’achètent plus d’articles ou de services en ligne. Et près d’un tiers d’entre eux, inquiets par les méthodes de surveillance du gouvernement, ne partagent plus leurs opinions politiques sur les réseaux sociaux.

Des internautes frileux

Les millions de comptes bancaires exposés par des attaques informatiques, les fuites de données massives dont la presse fait écho tous les jours, ont à juste titre rendu les internautes frileux. Un manque de confiance qui pourrait avoir des conséquences importantes sur l’économie.

Selon Rafi Goldberg, auteur du rapport, «pour que l’Internet continue à croître et à prospérer, les utilisateurs doivent être assurés que leurs informations personnelles sont en sécurité et leur vie privée protégée». En conclusion, il recommande le déploiement généralisé de méthodes de cryptage pour la transmission des données.

Le cryptage avance

Quoi qu’il en soit, les messageries instantanées, en voie de devenir un des principaux modes de communication, se sécurisent. Tous les échanges sur iMessage et FaceTime sont déjà cryptés. WhatsApp a annoncé, au début d’avril, le «chiffrement de bout en bout» de tous les messages et appels qui transitent sur sa plateforme. Google, à son tour, vient de prévoir une nouvelle messagerie instantanée sécurisée, baptisée Allo. Et Telegram, dont le protocole basé sur des algorithmes utilisés par la National Security Agency (NSA) permettant l’envoi de messages et de documents éphémères est déjà en train de devenir l’application de prédilection des avocats et des hommes d’affaires.

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