Opinion

Les désillusions économiques ne sont pas la seule cause du populisme

OPINION. Le décalage économique qui s’est creusé entre l’ouest et l’est de l’Allemagne n’explique qu’en partie le succès des populismes, écrit l’historien Olivier Meuwly

Voici trente ans tombait le mur de Berlin. L’agonie de l’Empire soviétique débutait, le capitalisme et la démocratie semblaient avoir définitivement triomphé du système politique qui avait aspiré dans sa zone d’influence tant de pays, européens ou non. La guerre froide touchait à sa fin. Ce qui paraissait encore impensable quelques années auparavant devenait, à l’aube du mois de novembre 1989, réalité: l’Allemagne divisée amorçait sa réunification.

On sait aujourd’hui que les espérances qui jaillirent des turbulences de cet automne fatidique furent loin de toutes se réaliser. Il n’empêche: une nouvelle ère s’ouvrait, sous le signe de la liberté et sous la protection d’une Union européenne considérée comme le phare insubmersible des idéaux démocratiques. Les anciens satellites de l’URSS se pressèrent à ses portes, l’Europe en construction leur tendit la main. Mais que de questions délicates encore en suspens. Comment faire passer des économies planifiées en faillite à une économie de marché juste et profitable à tous?