Edito

La juste détermination d’Angela Merkel

La chancelière allemande maintient le cap de sa politique d’asile malgré les attentats terroristes

Après la dramatique séquence qui a vu en l’espace de quelques jours trois requérants d’asile et un jeune homme issu de l’immigration perpétrer des attaques semant la terreur, Angela Merkel était sous pression. Ces scènes de massacre n’apportent-elles pas la preuve définitive de l’échec de sa politique de la porte ouverte aux réfugiés menée au nom de la responsabilité humanitaire.

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Calme et déterminée, la chancelière balaie ces accusations et s’en tient à sa ligne. L’équation réfugiés-terroristes que tente de valider la droite nationaliste? Elle ne tient pas. Le tueur de Munich était un Allemand adorateur d’Hitler. Quant aux séides de l’État islamique, ils sont les premiers ennemis des réfugiés.

Ne rien céder. Persuadée aujourd’hui comme hier que l’Allemagne est en mesure de mener à bien la «tâche historique» d’accueillir les victimes des guerres, la chancelière a répété jeudi sa fameuse phrase «Wir schaffen das!» («Nous y arriverons!»). «Et beaucoup a déjà été fait», a-t-elle ajouté.

Cette détermination se conjugue avec une prise en considération des craintes légitimes de la population. Face au danger de nouveaux attentats, Angela Merkel annonce plusieurs mesures pour renforcer la sécurité, notamment le recours à l’armée, et exclure les indésirables qui ne répondent pas aux critères du droit d’asile. Rien de spectaculaire, toujours dans le souci du respect de l’État de droit.

L’intervention de la chancelière est à la fois courageuse et rassurante. Face à ce premier «stress test» – si l’on ose ce parallèle avec le monde bancaire — du terrorisme à l’ère du djihad global, l’Allemagne résiste bien.

Avec la multiplication des attentats, la capacité des démocraties européennes à encaisser devient en effet une vraie question. Aux grandes secousses (Madrid, Londres, Paris, Bruxelles, Nice), succèdent de multiples répliques de plus faible intensité mais dont la répétition métronomique est tout aussi destructrice. Combien de temps l’édifice va-t-il tenir?

L’évolution du débat en France – un pays il est vrai bien plus durement touché – montre bien les risques d’une dérive vers un État d’exception où l’urgence, l’émotion et la haine risquent de prendre le pas sur l’action ferme mais raisonnée contre les criminels. Evoquer une guerre civile comme le font certains ténors de la droite est dangereux. C’est précisément l’objectif des terroristes.

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