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La détox, un besoin de perfection qui ne paraît pas très humain. (Zoomteam/123RF)

Charivari

La détox? Un trend tout sauf humain

En vacances, notre chroniqueuse est sceptique sur cette tendance qui étreint ses contemporains une fois qu’ils sont libérés de leurs obligations

Je suis en vacances. Le lieu où le moins fait le mieux. Le royaume où le corps dit «stop ou encore». Ombre ou soleil? lecture ou nage? des fruits, une glace, un apéro? Le tout, sans doute, avec un détour chez le fromager avant, pour une lichette de Saint-Amour superfondant. Et puis du peau à peau, un peu tout le temps.

A lire aussi: La détox jusqu’à l’obsession

Je suis à Sète (Sète extra, Sète épatant, Sète éclatant) et je regarde ma serviette de bain multicolore danser sur son fil à côté de mon minikini à l’imprimé réjoui. Tous deux attendent le sable, les vagues, cette sensation de fraîcheur – la mer est à 18 °C, quand même – et de douceur mélangées. On ne se refait pas: pour qui aime nager, la mer est supérieure.

Hystérique, orthorexique…

Je suis en vacances et, comme chaque fois où le corps est seul maître à bord, je m’interroge sur ce trend de la détox qui étreint mes contemporains. Je ne suis pas fan de cette obsession de la purification. J’y vois un besoin de perfection qui ne me paraît pas très humain. Ce que j’aime dans l’homme? Sa complexité, ses contradictions. Ses élans, oui, son désir de conquête, mais aussi ses renoncements. Savoir que l’on peut échouer rend humble. Se purifier jusqu’à la corde rend hystérique, orthorexique, tout-puissant! Les euphoriques du contrôle se souhaitent nettoyés et sereins? Ils sont sidérants de stress aliénant.

Et puis, c’est ennuyeux, non? Une amie chère à mon cœur n’a pas bu d’alcool pendant une semaine, durant son stage de yoga, cet été. Retour de l’expérience: «C’est OK, mais ça manque de relief. On reste dans une zone médiane au spectre limité.» Finis les petits embrasements, les montées de folie, les doux égarements? Non, merci! Je vous laisse les jus détox et je garde mes verres de rosé, savourés au frais d’une tonnelle ombragée. Il me mettent l’âme en fête et le pied à la danse. Surtout à Sète, qui passe de fête en fête.

Ah, le petit rosé!

Ce constat va au-delà de l’hédonisme primaire. Le libre accès à l’excès relève du philosophique et du politique. Comme disait si bien Audrey Cavelius au récent
far° festival des arts vivants, à Nyon, dans son spectacle «Variations»: «Si on laissait s’exprimer les différentes facettes de notre personnalité, on accueillerait mieux les étrangers.» Autrement dit, en acceptant notre complexité et notre étrangeté, on se montre plus ouvert à l’autre, à celui qui est différent et sort du familier. J’aime cette idée, comme j’aime les vacances, le soleil et le petit rosé!

Lire aussi: A Nyon, le far° parle de migration sans tabou

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