En place depuis le 10 décembre, le nouveau président Argentin, Alberto Fernandez, n’a pas tardé à annoncer ses intentions: l’Argentine ne peut pas servir sa dette publique. Ce n’est pas une grande nouvelle. Son prédécesseur, Mauricio Macri, avait essayé, en imposant une redoutable politique d’austérité budgétaire. La profonde récession qui a suivi, accompagnée d’un fort taux d’inflation, lui a coûté sa réélection. Une manière d’échapper à une dette excessive est d’assurer une solide croissance, qui génère des rentrées d’impôt. Une autre manière est de renier, totalement ou partiellement, la dette publique. Fernandez propose de combiner les deux.

Un gros problème, c’est que l’Argentine demande régulièrement des remises de dette. Ce nouvel épisode sera le neuvième depuis son indépendance en 1816, en moyenne une fois tous les vingt ans. Naturellement, les investisseurs internationaux, dont certains avaient déjà prêté aux gouvernements argentins précédents, sont très inquiets. Fernandez leur répond, à juste titre, qu’ils ont été terriblement imprudents et qu’il est profondément injuste de sacrifier les contribuables argentins pour protéger les créditeurs. C’est un vieux débat qui ne sera jamais tranché. Si la dette publique est excessive, c’est que les emprunteurs comme les prêteurs ont fait preuve d’optimisme irréaliste. A eux tous de trouver comment s’en sortir.