Mercredi dernier, la Zambie, en Afrique australe, a admis qu’elle n’était plus en mesure d’honorer les intérêts de sa dette. L'économie du deuxième pays exportateur de cuivre se heurte à la baisse de la demande mondiale de la matière première tandis que celle-ci subit une chute des prix. Le kwacha se déprécie inexorablement. Résultat, il faut toujours plus de la monnaie locale pour payer les importations ou pour rembourser la dette.

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Tous les pays en développement qui dépendent des exportations de matières premières paient un lourd tribut au Covid-19. En Afrique, les exportateurs de pétrole et de gaz (Gabon, Angola, Tchad, Algérie, Cameroun) et les exportateurs de minerais (Afrique du Sud, Mozambique, République démocratique du Congo, Tchad) traversent la même détresse.

Un fardeau trop lourd

La situation n’est pas moins désespérée sur d’autres continents. Selon l’Institut de la finance internationale sis à Washington, les pays en développement devraient honorer 7000 milliards de dollars de dettes d’ici à la fin de 2021. Pour une bonne quarantaine d'entre eux, plus particulièrement en Afrique, le fardeau est trop lourd à porter.

Le Fonds monétaire international (FMI) a vu le problème venir lors du grand confinement de ce printemps. Il a alors mis à disposition 1000 milliards de dollars pour permettre aux Etats de rembourser les dettes arrivant à échéance. Les intérêts des créanciers sont saufs mais les pays débiteurs s’enfoncent un peu plus dans la dette.

Autant dire que la solution du FMI n’est pas durable. C’est dans ce contexte que le sommet du G20, qui a lieu ces samedi et dimanche sous présidence saoudienne, entend empoigner le problème. Une annulation n’est pas à l’agenda. Les institutions financières, les créanciers privés ainsi que les nouveaux bailleurs de fonds (Chine, Arabie saoudite) proposent de trouver des solutions individuelles pour chaque pays. C’est acquis.

Le G20, généreux?

Généreux? Non. Rien n'indique que ces pays sortiront de l’ornière. Hormis un retour à la normale sur le plan sanitaire, ils doivent pouvoir transformer leurs matières premières sur place et avoir accès aux marchés pour leurs produits finis. Par exemple, il n’est pas décent que l’industrie chocolatière génère 100 milliards de dollars par an alors que les pays producteurs de fèves n’ont droit qu’à 6%.

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Il faut également de nouvelles règles qui empêchent l’évasion fiscale et le prix de transfert. Chaque année, les multinationales déplacent 1380 milliards de dollars de bénéfices dans des paradis fiscaux. La part des pays pauvres est certes petite, mais elle pèse lourd en termes de manque à gagner.