Revue de presse

Deux astéroïdes «potentiellement dangereux» vont bientôt frôler la Terre

Un gros caillou, passablement loin quand même, ce vendredi. Et un plus petit, tout tout près, en octobre. Les astronomes vont avoir du spectacle cet automne

L’astéroïde (3122) Florence va s’approcher ce vendredi peu après midi à environ sept millions de kilomètres de la Terre. L’événement ne présente pas de risque, même si cet objet, d’un diamètre moyen de 4,35 kilomètres, est classé «potentiellement dangereux» en raison de son orbite et de sa taille. Il s’agit d’un des plus gros astéroïdes dits géocroiseurs évoluant à proximité de notre planète.


Qu’est-ce qu’un astéroïde?

Rappelons, avec Futura Sciences, avant d’entrer en matière, que «les astéroïdes sont des millions de corps rocheux, résidus d’une planète non formée gravitant entre Mars et Jupiter. Par le jeu de perturbations gravitationnelles», certains d’entre eux «quittent cette zone du système solaire et peuvent prendre des trajectoires s’approchant de la Terre. Géocroiseurs, c’est le nom de ces corps qui croisent l’orbite terrestre.»


De nombreux télescopes seront ainsi braqués vers le ciel pour observer le passage de (3122) Florence, indique la Société astronomique de Winterthour. En soirée, pour autant que la météo soit favorable, il devrait être visible des amateurs éclairés dans les constellations du Verseau, du Dauphin et du Petit Cheval.

La NASA prévoit, elle, de braquer ses radars sur le corps céleste, afin notamment de confirmer sa taille et découvrir des détails de sa surface. (3122) Florence a été découvert en mars 1981 en Australie. Il ne devrait pas revenir à proximité de la Terre avant octobre 2024, ni s’en approcher autant avant 2500, selon les scientifiques.

Le site Maxisciences précise que cet astéroïde a été baptisé ainsi «en référence à Florence Nightingale, célèbre infirmière britannique et pionnière des soins infirmiers modernes. […] Bien que ce ne soit pas la première fois qu’il se rapproche de la Terre, ce passage fera figure de record, comme la plus grande approche depuis 1890. […] Plus impressionnant, ce passage serait le plus proche réalisé par un astéroïde de cette taille depuis que les astronomes observent et surveillent ces corps à proximité de notre planète.»

Et d’ajouter que «d’après les calculs des scientifiques, (3122) Florence devrait en effet atteindre fin août et début septembre une magnitude apparente de 9. Cela signifie qu’il pourra devenir visible durant plusieurs jours pour de petits télescopes sur des ciels sombres et dégagés […]. De quoi séduire les astronomes amateurs.»

2e acte en octobre

Mais ce n’est pas tout, lit-on entre autres sur le site belge 7sur7, puisqu’un autre objet céleste, plus petit, «de la taille d’une maison», passera le jeudi 12 octobre à seulement 44 000 kilomètres de la Terre, cette fois. 2012 TC4, qui avait été découvert en 2012, ne présentera «pas de danger», précise l’Agence spatiale européenne (ESA), mais «il va passer sacrément près», reconnaît Rolf Densing, directeur des opérations à l’ESA. Il se trouvera juste un peu au-delà des orbites des satellites géostationnaires. «Les satellites les plus éloignés sont à 36 000 km de la Terre. Il s’en faut donc vraiment de peu», dit-il.

Selon le site SciencePost, «il faut savoir que sa vitesse était de 14 kilomètres par seconde au moment où la NASA en a fait l’observation et que sa taille, évaluée entre 15 et 30 mètres, est relative à un «petit objet». L’objet en question est d’une taille comparable au météore de Tcheliabinsk qui s’est désintégré de manière incroyable dans le ciel de cette ville russe le 15 février 2013, causant environ 1300 blessés.» L’énergie dégagée était l’équivalent de 30 fois la bombe d’Hiroshima.

Lire aussi: Une pluie de météorites fait des milliers de blessés dans l’Oural (15.02.2013)

«Il faut savoir que même si l’astéroïde présentait le risque de heurter la Terre», il n’y aurait pas besoin de prévenir la population ou de l’évacuer d’urgence. Il suffirait «de se tenir à bonne distance des vitres et de les ouvrir afin d’éviter le bris causé par l’onde de choc». Mais c’est là de la science-fiction, concernant les deux événements à venir. Car même si «la distance de 44 000 kilomètres», dans le deuxième cas, «peut paraître énorme», à l’échelle astronomique, elle est «très courte». 2012 TC4 n’avait plus été observé pendant cinq ans. Puis il a de nouveau été repéré récemment par le Very Large Telescope de l’Observatoire européen austral (ESO), au Chili.

Sylvestre Maurice, astrophysicien à l’Université de Toulouse, expert scientifique à la Cité de l’espace, rappelait ce printemps sur France Info que la rencontre d’un astéroïde avec la Terre «n’est pas un fantasme». C’est déjà arrivé «des millions de fois», les dinosaures s’en souviennent encore. Un tel objet céleste ne change pas de forme ni de taille avec le temps, ce qui le distingue d’une comète. «Les comètes sont des mondes glacés. Elles vont s’évaporer quand elles viennent près du Soleil. Elles se transforment en perdant un peu de masse et changent légèrement de forme.»

Il ajoute que «cela fait quatre milliards d’années que les astéroïdes tournent autour du Soleil. L’astéroïde est un caillou inchangé qui a eu beaucoup de chance parce qu’il n’a pas été phagocyté par les planètes. La grande majorité des astéroïdes sont tombés sur les planètes pour notre plus grand bonheur, pour construire la Terre, ou pour notre grand malheur en faisant parfois des dégâts importants.» Comme il y a de nos jours «moins d’objets dans le système solaire», cela se produit moins souvent aussi.

Publicité