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La pancarte brandie lundi dernier par un fan de Johnny lors d’une messe du souvenir tenue en l’église de la Madeleine, à Paris.
© Stéphane de Sakutin/AFP

Revue de presse

Les deux clans Hallyday, ou la fable de la voix horrifiée de Johnny

La justice se prononce ce vendredi sur le gel des biens de Johnny et le droit de regard sur son ultime album, demandés par ses deux aînés. C’est le premier arbitrage dans cette bataille, alors que les conflits semblent se calmer

David Hallyday et Laura Smet contestent le testament californien de leur père rédigé en 2014 et qui lègue l’ensemble de son patrimoine à sa veuve, Laeticia, ainsi qu’à leurs deux filles mineures, Jade et Joy. On le saura. Mais on va en reparler. Aujourd’hui. Car les deux aînés ont saisi le tribunal de Nanterre, près de Paris, pour demander le gel des biens immobiliers et droits artistiques du rocker, décédé en décembre dernier, en attendant une décision judiciaire sur le fond concernant la succession. Une autre procédure est en cours pour décider du caractère légal ou illégal du testament. Aucune audience n’a toutefois encore été fixée, et elle pourrait prendre des mois, voire des années, selon les plus pessimistes.

Lire aussi: Les derniers articles du «Temps» sur cette affaire

Il faudrait être complètement sourd, depuis plusieurs semaines maintenant, pour ne pas avoir entendu la famille de l’ex-idole des jeunes se déchirer sur son héritage. Ad nauseam. «La paix et le deuil qui ont suivi la mort de l’Elvis français […] n’auront duré que deux mois», se désolait El País il y a deux mois déjà. Mais voilà que surgit le dernier épisode de cette saga, avec une longue interview de Laeticia Hallyday parue ce jeudi dans l’hebdomadaire Le Point, la première depuis la mort de la star le 5 décembre.

La veuve, qui lit Elisabeth Kübler-Ross pour se donner du courage – dit le HuffingtonPost.fr – y déclare: «On me vole mon deuil. On me roue de coups», alors que «mon mari n’est plus là pour dire sa vérité. Auraient-ils osé faire cela du vivant de leur père?» s’interroge la veuve, qui assure n’avoir rien à voir avec la décision testamentaire de son mari. «On me fait passer pour celle que je ne suis pas», assure celle qui avait été décrite comme une «manipulatrice» lors de l’audience du 30 mars dernier.

Laura et David «sortis d’affaire»

Dans cet entretien de 14 pages (!), elle confie aussi que Johnny «estimait qu’il avait fait des donations de son vivant et que ça les protégeait», ses «beaux-enfants»: «David a construit sa vie, il a plus de 50 ans, il a fait un beau mariage, c’est un artiste reconnu. Pour Laura, de la même façon, il l’a aidée quand elle en a eu besoin. Pour lui, ils étaient sortis d’affaire» et n’auraient donc guère besoin de quelque actif de leur père. Cette fortune est regroupée dans le trust JPS, sur les dessous juridiques duquel se sont penchés Les Echos. C’est un passionnant «cas d’école», selon le journal économique, «alors que les successions transnationales sont de plus en plus fréquentes». Rien d’étonnant, donc, à ce que ce trust, basé en Californie où l’artiste résidait depuis dix ans, figure au centre des débats.

Lire aussi: Héritage de Johnny Hallyday: un «trust» qui choisit son clan

Dans cette fable shakespearienne, la veuve cherche-t-elle maintenant à dédramatiser et/ou à trouver un arrangement à l’amiable? Les plus méchants verront cependant quelque ironie dans cette citation que la RTBF met en avant: «Je les attends à bras ouverts, on est une famille! Je serai un jour prête à pardonner.» A «bras ouverts» ou «de pied ferme»? Le doute est permis si on lit les lignes de Sudinfo, qui a perçu des propos «millimétrés»: «Un vrai exercice de communication où chaque phrase […] a toute son importance. Et au fur et à mesure de l’entretien, elle balance de véritables tirs de missile qui n’ont qu’un objectif: déstabiliser et décrédibiliser le clan de David et Laura.» Le site d’info belge y a décrypté sept «messages qu’elle tente de faire passer insidieusement aux fans». Bon courage.

Une «chasse à la femme»

Familles, je vous hais? Résumons-nous, avec Le Figaro, qui livre un éclairage très complet et circonstancié sur cette affaire. Car rien n’est simple. «Les témoignages en faveur d’un parti ou de l’autre se sont quotidiennement succédé dans les médias dans ce qu’il est désormais coutume d’appeler la guerre des clans Hallyday. Sébastien Farran, dernier manager et proche de Johnny, gardé à vue récemment suite à une plainte de JoeyStarr, a dénoncé une «chasse à la femme» envers Laeticia. Sylvie Vartan, ex-épouse du rocker et mère de David, accuse au contraire cette dernière d’être à l’origine de l’éloignement de Johnny avec sa famille.»

Il faut dire qu’il y a beaucoup d’argent «à prendre». Au total, le patrimoine de Johnny Hallyday représenterait plusieurs dizaines de millions d’euros: propriétés, voitures de luxe et droits issus de 1160 chansons. Les aînés du chanteur ont également demandé à la justice de pouvoir écouter le 51e album studio du rocker, sur lequel il avait travaillé une grande partie de l’année 2017 et qui est resté inachevé. David et Laura invoquent un «droit moral» qu’ils auraient sur l’œuvre posthume de leur père, mais la maison de disques de Johnny, Warner Music France, leur a d’abord opposé, lors de cette fameuse audience «pour rien», une fin de non-recevoir.

Des millions et des millions de lignes ont déjà été écrites sur cette affaire, la presse people fouettant de ses plumes acerbes la fierté des fans de Johnny et leur dégoût de voir «s’étriper» les représentants du passé lointain et ceux du passé proche. Et pourtant, y a-t-il matière? «La décision la plus attendue est celle sur le gel du patrimoine immobilier de l’artiste», selon RTL. «Mais quelle que soit la décision du tribunal de Nanterre» ce vendredi, c’est vers un arrangement que devraient se diriger les deux parties. «Les avocats de Laeticia, tout comme ceux de Laura et de David, sont», dit ce média, «prêts à discuter pour trouver un terrain d’entente. Tous sont convaincus que le bras de fer ne pourra pas s’éterniser.»

Warner et Laeticia cèdent

Cela semble raisonnable. Toutes ces belles gens ont beaucoup à perdre dans un étalage interminable de turpitudes financières sur le dos d’un défunt adulé de millions de lecteurs-spectateurs effarés. Le temps «de la négociation et des tentatives de rapprochements» serait venu. «Le fil n’a jamais été cassé entre nous, aucune porte n’est fermée», confie un de ces avocats – mais lequel? – à RTL. D’ailleurs, les parties ont déjà avancé sur la question du «droit de regard et d’écoute avant la commercialisation du dernier album de Johnny. Sur ce point, avant même que le tribunal ne se prononce, la maison de disques Warner et désormais Laeticia ont donné leur accord à une écoute privée.»

Peut-être que ces éminents représentants de la justice, avec toute la smala, ont enfin entendu la voix du grand Johnny du fond de sa tombe, horrifiée par tout ce vacarme.

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