OPINION

Deux poids deux mesures pour les religions en Algérie

OPINION. L’Eglise protestante d’Algérie subit des actes d’intimidation et de harcèlement administratif, selon Christian Bibolle, coordinateur de l’Institut pour les questions relatives à l’islam (IQRI). Il appelle le pays à respecter les droits de ses propres citoyens

Dans un communiqué du 21 octobre dernier, l’Eglise protestante d’Algérie (EPA) faisait état du climat de harcèlement dont elle est l’objet de la part des autorités. Au mois de février 2018, elles ont en effet inspecté l’église d’Akbou et ordonné sa mise en conformité aux normes de sécurité, ce qui a été fait. Quelque temps plus tard, elles ont reproché à cette église d’avoir un pasteur étranger, pasteur qui, depuis, a quitté le pays. Enfin, le 16 octobre, elles ont procédé – sans justification – à la mise sous scellés de cette église en notifiant ses responsables de leur décision par un coup de téléphone la veille.

Ce cas n’est pas isolé. Deux autres églises de la wilaya (entité administrative) de Béjaïa ont déjà été fermées dans l’année en cours alors que toutes trois sont officiellement affiliées à l’EPA, une association agréée par arrêté ministériel en 1974. D’autre part, les responsables de quatre églises de la wilaya de Tizi Ouzou ont été convoqués par la police pour interrogatoires, tandis que quatre chrétiens d’une autre wilaya ont été poursuivis pour «prosélytisme» sur la base d’une accusation infondée. Le 25 décembre 2018, ces derniers ont été acquittés des charges qui pesaient sur eux.