On comprend mieux, à la lecture de Ce qu’ils ne veulent pas que je dise (Ed. Plon) pourquoi Alexandre Benalla avait – c’est sa version – fini par se rendre insupportable à la caste des hauts fonctionnaires qui régente les sommets de la République. Tout, dans les Mémoires de ce jeune homme de 28 ans, au centre de «la» polémique politique de 2018, respire l’habileté et une assurance proche de l’insolence.

Habile Alexandre, qui n’a pas son pareil pour exfiltrer le candidat Macron d’une situation compliquée à Marseille, où les taxis en colère menaçaient de le bloquer dans les locaux du quotidien La Provence. Habile Alexandre qui, sur demande expresse du couple présidentiel désireux de vivre un court moment de normalité, arrange la venue de Brigitte et Emmanuel Macron dans un cinéma, une fois le film entamé. La débrouillardise du gaillard, formé à l’école du service d’ordre du Parti socialiste, ne fait guère de doute. Mais pour le reste, son récit est d’abord taillé pour sa légende. On se demande même, une fois refermé l’ouvrage, comment l’Elysée peut fonctionner sans lui…