On a de tout temps tenté de définir ce qu’est la liberté. Liberté par rapport à ce qui est limites ou interdits versus liberté qui s’invente pour aller de l’avant, enseignait Isaiah Berlin, le grand philosophe d’Oxford. Liberté solitaire versus liberté solidaire, enseignait Emmanuel Mounier, l’apôtre du personnalisme. Nous sommes condamnés à la liberté, disait Jean-Paul Sartre, ce qui voulait dire, l’homme n’a pas le choix d’être ou ne pas être libre, même esclave il est un être libre.

Les journées que vit la Biélorussie, et le reste de l’Europe avec elle, sont une pure démonstration de ce qu’est la liberté. Depuis plus d’un mois, ce sont des centaines de milliers de femmes, d’hommes, et même d’enfants (car les parents prennent leurs enfants avec eux), qui apprennent, et nous réapprennent, ce qu’est la liberté. Chacun d’eux la crée en lui, solitairement, par son courage, par l’acceptation des risques. Et tous l’apprennent collectivement, solidairement.