Revue de presse

Dieu ou Superman: qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse de Christian Constantin

Ce samedi, le gala annuel de soutien du FC Sion a de nouveau permis à son président de récolter beaucoup de fonds. Et, surtout, de se mettre lui-même en valeur, entouré de stars comiques

«Et pourtant, il était un grand timide qui n’osait pas aborder les filles…» titrait non sans malice Le Matin Dimanche du 29 janvier dernier. Et pourtant, ajoutera-t-on, «le désormais mythique repas de soutien du FC Sion», qui s’est déroulé ce samedi 4 février à Martigny, a prouvé une chose, s’il en était encore besoin: «S’il existe un homme public en Suisse romande qui paraît totalement désinhibé, c’est bien Christian Constantin. Toujours à l’aise, sans le moindre complexe, fidèle à son image, volontiers cabotin et caricatural. Comme si le doute et lui faisaient deux.»

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La veille, l’imitateur Yann Lambiel était déjà «au taquet», révèle Le Nouvelliste. «A nouveau de la partie» pour la grand-messe «au milieu de 7500 personnes», il avouait que c’était «impossible de refuser cela à Christian Constantin» (CC) et prévoyait – mission hautement honorable – «d’expliquer la politique valaisanne aux «Non-Valaisans». Logique, puisque plus de la moitié de la salle est peuplée de spectateurs hors canton. Les gens viennent de loin pour voir CC faire son show»:

«Quand on chante comme une casserole mais qu’on est milliardaire, on a quand même droit à un micro», a ironisé Elise Semoun en observant tout ce beau monde qui s’était pressé au portillon. Il faut croire que «c’est «the place to be». Particulièrement en année électorale. «Toujours plus de participants, renchérit Le Matin. Et toujours plus gargantuesque. Voilà longtemps déjà que la gigantesque nouba du FC Sion représente bien davantage qu’un repas de gala – où l’on se précipite autant pour voir qu’espérer y être vu.»

«Au fil des années, c’est devenu un incontournable must, un rituel de l’agenda valaisan au même titre que la finale des combats de reines, le rendez-vous événementiel où se côtoie people, politiciens et populace dans un joyeux melting-pot». Ce, autour de l’inénarrable président que Yann Lambiel caricature en confinant au chef-d’œuvre absolu dans son sketch «Aux suivants!». Sur sa page Facebook, la télévision locale genevoise Léman Bleu en a profité pour en ajouter une couche, tout aussi drôle.

Dans la foulée du club lui-même, la Neue Zürcher Zeitung confirme le succès phénoménal de cette soirée où l’on aime à se moquer des Vaudois et de leurs «stades vides», mais où il n’y a finalement qu’une seule chose qui compte, à part les sous dans le tiroir-caisse: le «plaisir du héros» lors de cette soirée choucroute rituelle, qui «a chanté avec trois filles du Crazy Horse», précise le Blick. Dont les internautes font part de leur émerveillement en comparant le roi à ses homologues des autres clubs suisses. En résumé: «Personne ne lui arrive à la cheville». La vidéo réalisée par le quotidien zurichois est, à cet égard, éloquente.

«D’Amandine à Bastian Baker, en passant par Elie Semoun et Yann Lambiel», Le Matin revient en images sur cette soirée de gala qui a rapporté presque un million et demi et à l’occasion duquel les joueurs du club avaient «tourné un clip sur un tube de David Guettal», «Would I lie to you», «mais n’étaient évidemment pas présents», puisque la première équipe avait rendez-vous ce dimanche au Stade de Suisse contre Young Boys. On peut le voir, ce clip, sur le site du quotidien orange, tout comme les photos de CC reprenant Serge Lama («Dites, pourquoi je passe auprès des femmes pour Superman?) ou Michel Sardou («Merci pour tout»).

Quant à l’humoriste français Jamel Debbouze, «resté au chevet de son père qui est malade, […] il s’est excusé par vidéo interposée». Ce qui fait dire à cet internaute: «Heureusement qu’il y avait des Vaudois pour animer cette choucroute valaisanne… Mais Jamel a trouvé un prétexte paternel pour ne pas y participer…» Ce dont le désormais ubiquitaire humoriste Thomas Wiesel s’est emparé avec délices, en louant aussi le talent de celui qui a su «concevoir un stade qui a fini en centre commercial».

Gros succès pour ce long sketch de plus d’un quart d’heure visible sur YouTube, qu’un internaute commente de la sorte: «Peur de rien, le Thomas! Sinon, vraiment bien la vidéo avec les réactions du public, c’est rare de voir les réactions des gens que tu trashes, ça fait plaisir de voir qu’ils ne le prennent pas trop mal. Cool, la quenelle à Bernard Nicod, un joli rire jaune bien commerçant»:

Même L’Equipe, relayée sur Twitter par @JDUPRAZ, en a parlé dans son édition imprimée! C’est dire le retentissement international de cette manifestation où, dit-elle, «se pressent désormais tous les riches et puissants de la vallée», qui déboursent «entre 200 et 500 francs suisses pour découvrir à guichets fermés le nouveau show de Constantin». Chaque année, il «entre dans la peau d’un nouveau personnage de haut vol, que ce soit Napoléon, Dieu ou Superman». Mais de fait, cela fait déjà bien longtemps qu’on parle des «dieux du stade».

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