Momentanément éclipsé par la pandémie, le combat climatique revient. La semaine prochaine, plusieurs activistes retrouvent Credit Suisse devant la justice, le parlement fédéral conclura la révision de la loi sur le CO2 et cinq jours de manifestations sont organisés sur la place Fédérale par une grande coalition de mouvements écologistes.

Les avions se sont brièvement immobilisés, mais la planète continue de se réchauffer et les glaciers de fondre. La revendication des militants n’a donc pas changé: massivement agir en faveur du climat, et vite. Des mesures s’imposent, le parlement en convient. Son plan? Limiter le réchauffement à 1,5°C et réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50% d’ici à 2030 par rapport à leur niveau de 1990 à l’aide de taxes incitatives. Réfractaire à tout nouvel impôt en faveur de l’environnement, l’UDC devrait s’y opposer par référendum.

Tout progrès est bon à prendre

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Or, le parti pourrait avoir trouvé un allié inattendu: les grévistes du climat! Dans la presse alémanique, ces derniers ont récemment affirmé se sentir «moqués» par la droite et «trompés» par la gauche. Nous voulons le double, soulignent les militants: une Suisse neutre en 2030. Au point d’envisager de soutenir un référendum et réduire en cendres une avancée tangible en espérant qu’en renaisse un phénix écologiste plus conforme à leurs attentes.

Non partisans par choix, les mouvements citoyens ont toujours refusé de prendre position pour l’un ou l’autre parti. Dans les faits toutefois, les électeurs convaincus par leur action ont voté vert. Le parti écologiste n’est pas non plus ravi par la révision de loi sur la table, cependant ses membres l’affirment: chaque minute compte et tout progrès est bon à prendre. Un constat que les mouvements climatiques martèlent eux-mêmes depuis toujours: pour éviter la catastrophe, il faut absolument se dépêcher. Pourquoi dès lors envisager de ralentir les réformes? Les Verts font le poing dans la poche.

Alors que quatre mouvements écologistes (Collectif Justice climatique, Extinction Rebellion, Grève du climat et le Collectif Break Free) joignent pour la première fois leurs forces à l’occasion des mobilisations de la semaine prochaine, la tension entre les attentes des uns (dehors) et le pouvoir véritable des autres (sous la Coupole) n’aura jamais été aussi visible. Aux Verts d’expliquer clairement leurs limites à leurs partisans, aux militants de savoir reconnaître leurs alliés.