La digitalisation rapide de toutes choses se montre souvent sous des atours séduisants et prometteurs. Le 3 septembre dernier, les organisateurs du Digital Day publiaient un communiqué de presse qui reflétait le succès de cette manifestation. Quelques jours auparavant, les médias relataient la publication d’une récente enquête de l’Office fédéral de la statistique. Cette enquête met en évidence l’épuisement moral et un accroissement de la fréquence du stress professionnel, qui atteint désormais plus d’une personne active sur cinq (11 milliards de francs par an, en coûts de santé, en Suisse).

Notre compulsion à la performance et à la croissance économique conduit à l’arrimage des actes des travailleurs avec le temps requis pour les accomplir, le temps requis étant lui-même arrimé à l’argent que les actes rapportent. Si cet arrimage «acte – temps – argent» peut naître relativement naturellement dans l’esprit d’un manager à l’œuvre dans la production d’objets ou de machines, la même démarche devient tyrannique et franchement délétère dans l’agriculture et les métiers de services, tout particulièrement dans les métiers de relation et de soin aux personnes.