Il n’existe heureusement pas de modèle pour les Mémoires qu’écrivent les anciens diplomates. Les uns, notamment en France ou aux Etats-Unis, font revivre les époques où ils ont servi, avec force détails et documents qui mettent en lumière un pan de l’histoire récente dont ils ont été les acteurs. Claude Martin, dans La diplomatie n’est pas un dîner de gala, projette avec une grande intensité une image de la diplomatie française en Asie à laquelle il a consacré une bonne partie de sa carrière, sans négliger ses postes en Europe par la suite. William Burns, devenu l’un des responsables de la politique étrangère des Etats-Unis, éclaire les négociations avec l’Iran et au Moyen-Orient qu’il a menées dans une période récente. Les anciens chefs de mission de Suisse sont plus timides. Pourtant, régulièrement, certains d’entre eux nous livrent le récit de leurs missions. Les uns, tel Francis Cousin, prennent la peine de donner une véritable analyse politique des conditions régnant dans leur pays de résidence. D’autres, tel Paul-André Ramseyer, se concentrent sur un genre plus littéraire, à la Durrell, en multipliant les portraits et les anecdotes qui en font une lecture agréable, drôle et attachante.