La diplomatie de la transparence et de la sincérité. Pour ce discours qui, une fois de plus, était destiné à faire date, Barack Obama s’adressait jeudi, de l’Université du Caire, au milliard de musulmans que compte la planète. Le plus étonnant, hormis cette capacité du nouveau président américain à trouver toujours le mot et l’émotion justes? La cohérence. Une vision du monde et de la place que doit y occuper l’Amérique qui semble s’offrir sans fard, qu’elle soit exposée à l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad, au Hamas palestinien ou aux électeurs du Nebraska.

Dans son exercice de haute voltige, Obama devait convaincre les musulmans, rassurer les Israéliens (et son électorat juif), défendre les intérêts de la puissance américaine, se montrer respectueux des valeurs de l’islam mais épauler aussi les défenseurs des droits de l’homme qui luttent souvent dans un vide sidéral aux quatre coins du monde arabe. Seule une conviction bien ancrée et une vision honnêtement exposée pouvaient réussir le tour de force de concilier ces objectifs.

Obama ne veut rien «imposer», dit-il, sinon la force de son exemple. Il veut transformer les Etats-Unis en modèle plutôt qu’en démon. A chacun, ensuite, de suivre ou non ce modèle dans un monde qu’il dessine respectueux des traditions et des choix librement consentis par les populations.

Une manière, pour les Etats-Unis, de camoufler une dose de cynisme derrière le paravent de la tolérance et du relativisme culturel? Cela pourrait être. Mais ces dernières heures, sans que rien l’y oblige, Hillary Clinton a demandé des comptes au régime chinois pour le massacre de Tiananmen. Dans le même temps, Washington obtenait une réconciliation avec ses plus farouches adversaires latino-américains à propos de la réadmission de Cuba au sein de la grande famille de l’hémisphère américain. Le président des Etats-Unis sait manier le verbe. Mais ses mots ne sont pas creux.