L’affaire australienne fait mal à la légende du ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Son cabinet, d’une efficacité redoutable quand il était ministre de la Défense, a mené plusieurs missions de VRP d’une main de maître, liant à chaque fois la France et le pays acheteur, via l’amorce d’une relation commerciale, en direction d’un lien stratégique et militaire durable. Le contrat pour la vente de sous-marins signé avec l’Australie était de ce point de vue emblématique. Il permettait, par des relais d’influence et une présence indirecte, d’assurer également la souveraineté sur les eaux territoriales françaises dans le Pacifique. Las. Son échec, que Paris l’accepte ou non, est aussi à imputer aux insuffisances industrielles de Naval Group, le constructeur des submersibles, face aux nouveaux défis de la menace maritime chinoise.