Comme le dit la chanson

Disparition des espèces: j’y pense et puis j’oublie?

OPINION. Pour protéger la biodiversité, il faut passer à la vitesse supérieure, explique notre chroniqueur David Hiler. Voici pourquoi

C’était il y a un mois à peine: nous apprenions qu’un million d’espèces étaient menacées d’extinction dans le monde. Nous avons tous été choqués, bien sûr. Certains d’entre nous ont peut-être pris quelques bonnes résolutions: «C’est décidé, je vais manger plus de bio» ou «Je n’achète plus de produits élaborés avec de l’huile de palme». Hélas, il est à craindre que le refrain de la chanson de Dutronc et Lanzmann Et moi, et moi, et moi (1966) n’ait rien perdu de son actualité: «J’y pense et puis j’oublie/C’est la vie, c’est la vie.»

Nous ressentons tous un sentiment d’impuissance par rapport au désastre qui est en train de se produire. A l’échelle locale, pourtant, nous ne sommes pas désarmés puisque dans notre pays, c’est le peuple qui prend les décisions les plus importantes. L’appauvrissement de la biodiversité en Suisse n’est pas une fatalité. La situation est certes grave. Le diagnostic de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) est même alarmant: la moitié des milieux naturels et un tiers des espèces sont menacés.