Admirée pour sa démocratie mixte, directe et parlementaire, la Suisse aura à exercer ce subtil art politique le 7 mars à la faveur de l’initiative populaire fédérale «Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage». Le problème soulevé se révèle particulièrement clivant au sein même des diverses familles politiques. Même les féministes ne chantent pas à l’unisson! C’est dire la nécessité de bien analyser l’argumentaire. «La démocratie est bavarde, c’est sa principale qualité», disait Clemenceau. Faisons nôtre cette qualité démocratique, bavardons, mais surtout élargissons le débat.

L’initiative propose «l’interdiction de dissimuler le visage dans l’espace public». Par un effet de langage inopportun et maladroit, voire stigmatisant, des opposants parlent d’«initiative anti-burqa». Or, le texte de l’initiative, dans la modification qu’il propose de la Constitution, ne fait nulle part mention de burqa. «L’initiative vise aussi les criminels et les vandales», précise le Conseil fédéral dans son message relatif à cette initiative. Cette précision liminaire doit être portée à l’attention de chacun.