Éditorial

Djihadistes suisses: à situation scabreuse, réponse boiteuse

Le Conseil fédéral est aussi embarrassé que les autres gouvernements par la question du retour de ses voyageurs du djihad

Comme d’autres pays européens, la Suisse est confrontée à l’un des problèmes les plus délicats du moment: le retour de ses ressortissants séduits par les chimères de l’Etat islamique. Comme d’autres pays européens, elle peine à trouver la bonne réponse, pour la simple raison qu’il n’en existe aucune. Il n’y en a que de mauvaises, et il s’agit de trouver celle qui l’est le moins.

Que faire de cette vingtaine d’hommes, de femmes et d’enfants suisses qui se trouvent dans la zone de conflit syro-irakienne? Vendredi, le Conseil fédéral a écarté l’idée d’organiser une opération de rapatriement, qui pourrait cibler les mères et les mineurs. On imaginait mal que la Suisse entreprenne une telle démarche. Elle ne dispose pas du personnel formé pour ce genre de repêchage, qui plus est dans un territoire dont la gouvernance politique est aléatoire, voire inexistante. Elle n’exclut pas de le faire pour les enfants. Mais comment justifier de les séparer de leur mère? Une action de ce genre semble quasiment impossible à mettre en place.