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Dolores O’Riordan (1971-2018).
© Burak Akbulut / Anadolu Agency / Getty Images

(in)culture

Dolores O’Riordan, oui mais…

OPINION. Avec la disparition de la chanteuse des Cranberries s’estompe le souvenir d’un groupe qui n’a pas marqué son temps

Zombie, c’est le nom d’un projet développé par Le Temps, d’un algorithme destiné à identifier des articles déjà publiés mais qui pourraient à un moment X connaître une seconde vie sur notre site web. Mais bien avant cela, «Zombie» était en 1994 un hit du groupe irlandais The Cranberries, dont la chanteuse, Dolores O’Riordan, est décédée en début de semaine à l’âge de 46 ans seulement.

Dès que les réseaux sociaux ont bruissé de cette mort soudaine, de nombreuses voix sont venues rappeler, au milieu des RIP d’usage, que Dolores O’Riordan n’était pas une artiste que l’on pourrait qualifier d’humaniste. Ses prises de position contre l’avortement et pour la peine de mort, de même que sa dénonciation du féminisme, ont régulièrement montré qu’elle ne s’était jamais véritablement distanciée du milieu catholique conservateur au sein duquel elle avait grandi.

Effet boomerang

The Cranberries, groupe majeur des années 1990. C’est ce qu’on a pu lire un peu partout au lendemain de la disparition de l’Irlandaise. Oui, mais…, ajouterais-je. Lorsque le groupe publie en 1993 son premier album, Everybody Else Is Doing It, So Why Can’t We?, sa pop gentillette – à l’heure où la britpop s’impose en force tandis que le grunge s’essouffle – laisse plutôt indifférent. C’est finalement aux Etats-Unis que le single «Linger» cartonnera avec un temps de retard, et par effet boomerang imposera le groupe en Europe.

Suivront deux albums, No Need to Argue en 1994 et To the Faithful Departed deux ans plus tard, qui connaîtront de beaux succès commerciaux sans pour autant exciter la presse spécialisée. Voix élégiaque, mélodies faciles et arrangements faisant souffler le chaud et le froid, entre pop FM sirupeuse et tentatives de muscler la base rythmique à travers des guitares vaguement énervées: la recette est simple, efficace, mais s’avère musicalement pauvre.

Passé ces quelques années qui peuvent être vues aujourd’hui comme son âge d’or, le groupe sombrera, aucun tube ne se détachant des piètres albums qu’il sortira ensuite. Les deux enregistrements proposés dans l’intervalle par Dolores O’Riordan n’ont de même guère marqué les esprits. The Cranberries, groupe majeur des années 1990? Non, groupe générationnel plutôt: ceux qui ont grandi à cette époque se souviennent peut-être avec nostalgie de «Linger» ou «Zombie». Mais avec la mort de sa chanteuse s’estompe le souvenir d’une formation lisse et passe-partout. En 1993, alors que sortait Everybody Else…, des albums autrement plus marquants attiraient l’attention: Debut (Björk), Modern Life Is Rubbish (Blur) et Rid Of Me (PJ Harvey).


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