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Avec 13,3 donneurs post mortem par million d’habitants, la Suisse est à la traîne en matière de don d’organes.
© GAETAN BALLY / Keystone

Editorial

Don d’organes: à quand un changement de loi?

La Suisse célèbre samedi 9 septembre la journée internationale de la transplantation. Le pays fait toutefois toujours face à une inquiétante pénurie d’organes disponibles

Deux personnes meurent chaque semaine en Suisse faute d’un cœur, d’un foie ou de poumons disponibles. Ces chiffres, implacables, viennent nous rappeler une triste réalité: en matière de don d’organes, nous sommes encore cruellement à la traîne en comparaison internationale.

Avec 13,3 donneurs post mortem par million d’habitants en 2016, notre pays se situe toujours dans le dernier tiers du classement européen. C’est nettement moins qu’en France, qui en compte environ 25,5 en moyenne, et à des années-lumière de l’Espagne, avec ses 43,4 donneurs par million d’habitants. La liste d’attente, elle, ne cesse de s’allonger: 1480 noms y figurent aujourd’hui, soit 7% de plus par rapport à l’année précédente. Autant de malades qui attendront parfois des années, dans le meilleur des cas, avant de pouvoir enfin espérer bénéficier d’une greffe.

Pourtant, la population suisse n’est pas moins altruiste qu’ailleurs, si l’on se réfère aux statistiques des donneurs vivants d’organes, ces personnes qui font le choix de se défaire d’une partie de leur foie ou d’un rein pour sauver un proche parent, un époux, un ami ou encore un parfait inconnu.

Lire aussi: Donner un organe de son vivant: une réalité toujours plus présente

Comment donc expliquer cette pénurie? Par peur de se confronter à sa propre mort, par superstition, ou simplement par oubli d’évoquer ses volontés en la matière… Les raisons sont à l’évidence multiples pour expliquer le manque de donneurs potentiels. Cela est d’autant plus surprenant que l’attitude de la population envers le don d’organe est foncièrement positive, selon un sondage réalisé par Swisstransplant. Cependant, et c’est là que le bât blesse, la moitié des personnes interrogées ne peut se résoudre à prendre une décision et à la communiquer à ses proches. Ce mutisme n’est pas anodin: en cas d’urgence, une fois confrontées à la difficile question de savoir ce que le défunt aurait souhaité, les familles tendent majoritairement à s’opposer au don.

Alors que faire pour inverser cette tendance? Continuer à informer la population, très certainement. Mettre en place, dans chaque hôpital, un coordinateur des greffes, à savoir un médecin capable d’identifier un possible donneur, mais aussi de prendre en charge les familles, comme le pratique l’Espagne depuis plusieurs années déjà, pourrait également avoir des effets positifs.

Mais peut-être serait-il aussi temps que les pouvoirs publics se décident à passer la deuxième vitesse, en envisageant d’adopter le modèle du consentement présumé, comme – il n’est pas inutile de le rappeler –, le pratiquaient 17 cantons avant l’adoption de la loi fédérale sur la transplantation en 2004. Ce système permettrait d’envisager tout individu comme donneur, à moins qu’il ne s’y oppose explicitement. Et dans ce cas, le silence aurait assurément moins de conséquences.

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