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La première image de Toni Servillo en Silvio Berlusconi sur le tournage de «Loro», de Paolo Sorrentino.
© Indigo Film

(in)culture

Donald et Silvio font leur cinéma

S’il ne fait aucun doute que le président américain en fonction fera l’objet d’un biopic, Paolo Sorrentino, après Nanni Moretti et la série «1993», s’attaque de son côté à l’ancien président du Conseil des ministres italien

En mars dernier, le vénérable Guardian posait la question: qui réalisera Donald Trump: the Movie? Pour le quotidien britannique, il ne fait en effet aucun doute que le 45e président des Etats-Unis va dans un avenir plus ou moins proche faire l’objet d’un film – une série produite par HBO relatant sa campagne puis son élection serait d’ailleurs déjà en chantier. Trump en personnage de cinéma: le businessman passé en politique est tellement atypique – adjectif que j’utilise à dessein pour en éviter d’autres autrement moins polis – qu’il offre un merveilleux matériau de base, à l’image de Bush Jr, auquel s’était attaqué Oliver Stone dans W.: L’improbable président alors que le Texan achevait son second mandat.

Mais avant de probablement devenir personnage, Trump aura été «acteur». Guillemets de rigueur parce qu’il s'est simplement contenté d’apparaître dans son propre rôle, tant dans des films (Maman j’ai raté l'avion 2, Zoolander, L’Amour sans préavis) que dans des séries (Le Prince de Bel-Air, Monk, Sex and the City). Je pourrais encore lister de pathétiques apparitions télévisées, en producteur de concours de beauté, en animateur de télé-réalité ou en catcheur. Tout ça pour dire que l’amour de sa propre personne, son ego gargantuesque et ses déclarations de café du Commerce me rappellent un autre homme d’affaires irrémédiablement attiré par le pouvoir et mu par un machisme faisandé: Silvio Berlusconi. Qui, lui, a déjà été personnage de fiction, dans la récente série 1993, de Paolo Pierobon, et il y a une dizaine d’années dans le truculent Le Caïman, de Nanni Moretti.

Berlusconi – comme Trump – est tellement haut en couleur, là encore je reste poli, qu’il offre un potentiel tragi-comique énorme. L’annonce il y a une semaine du tournage d’un biopic réalisé par Paolo Sorrentino, le plus baroque des cinéastes italiens, n’est ainsi guère une surprise. Le film s’intitule Loro et le «Cavaliere» y est incarné par Toni Servillo, qui avait déjà pris les traits du sénateur Giulio Andreotti dans Il Divo, premier film politique de Sorrentino, qui semble ainsi être en passe de signer un diptyque explorant les zones les plus sombres de l’exercice du pouvoir en Italie.

Alors qu’on n’en sait pour l’heure pas grand-chose, Loro fait déjà partie de la liste des longs-métrages hautement intrigants qui pourraient bien être dévoilés à Cannes en mai prochain. Quant au potentiel cinématographique qu’offre le président yankee à la mèche, il ne serait pas étonnant de voir Oliver Stone l’empoigner, lui que l’obsession du pouvoir et de l’argent fascine tant.


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