Nouvelles frontières

Donald Trump et la Chine

OPINION. On tient Donald Trump pour quelqu’un qui a su tenir tête à la Chine. C’est tout le contraire, soutient notre chroniqueur Frédéric Koller

Depuis un certain temps s’installe l’idée que Donald Trump est le premier président des Etats-Unis qui a su dire non à la Chine et qu’ici, en Europe, on lui doit une fière chandelle. «On peut penser ce qu’on veut de Trump, dit-on, mais il faut bien reconnaître que face à Pékin, non seulement il a raison mais il tient parole. En plus, il obtient des résultats.» Je tiens pour ma part Trump, depuis le premier jour de son élection, comme un don du ciel pour les dirigeants chinois. Voici pourquoi.

Revenons en 2016. Le pouvoir chinois redoute alors l’élection de Hillary Clinton. La candidate démocrate représente une double menace: sur le plan commercial, elle sera moins libérale qu’Obama; sur le plan politique, elle sera plus proche des «néocons». En fait, que la Maison-Blanche soit contrôlée par un démocrate ou un républicain, la relation avec Pékin va se durcir. Pourquoi? Parce que la Chine est devenue le principal concurrent économique. Parce que le pouvoir chinois s’affirme sur le plan international. Lorsque Trump est finalement élu, c’est le soulagement. Si le candidat a martelé un discours anti-Pékin durant sa campagne, c’est d’abord un businessman. Le Parti communiste connaît les businessmen américains: ils pourront s’entendre. Et ils se sont entendus.