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Trump incarne avant tout la part capitaliste dévorante du rêve américain, mais il a du flair dans les rapports de force, qu'il sait tourner à son avantage.
© Pablo Martinez Monsivais/AP PHOTO

éditorial

Donald Trump, un «parrain» à l’OTAN

EDITORIAL. La surenchère militaire du président américain, qui entend bien faire payer ses alliés, a le mérite de confronter les Européens aux réalités stratégiques que beaucoup préféreraient ignorer: tant qu’ils protègent, les Etats-Unis peuvent exiger, voire racketter leurs partenaires

Donald Trump n’a pas la «cow-boy» attitude romantique d’un Ronald Reagan. Il incarne avant tout la part capitaliste dévorante du rêve américain, et surfe sur la colère populaire pour attiser les braises de la guerre commerciale. N’empêche: il faut reconnaître à l’ex-promoteur new-yorkais un flair de tueur dans les rapports de force, qu’il cherche à tourner à son avantage à force de déclarations outrancières, de vexations diplomatiques, de dénonciation des traités et d’initiatives unilatérales ultra-médiatisées.

Retrouvez ci-dessous notre vidéo explicative:

Sa détestation publique du «fardeau» de l’OTAN et ses dénonciations répétées des dépenses militaires insuffisantes de ses alliés européens, qu’il s’apprête à retrouver à Bruxelles ce mercredi pour le sommet de l’Alliance atlantique avant d’aller rendre visite à Vladimir Poutine à Helsinki, ressemblent donc à une scène du Parrain. Parce qu’il connaît les limites stratégiques de ses partenaires, les moyens limités de leurs armées et qu’il mesure leur inquiétude dans un monde qu’il contribue lui-même à rendre moins sûr, le président des Etats-Unis abat ses cartes sans vergogne. Sa protection a un prix qu’il vaut mieux, sauf à prendre des risques pour sa sécurité, ne pas trop discuter.

À ce sujet: Défense européenne, l’heure de la facture

Cette manière de faire quasi mafieuse, oublieuse de ce que l’Amérique et l’Europe ont scellé ensemble depuis la Seconde Guerre mondiale et de leur destin démocratique commun, montre combien les alliances héritées de l’histoire – cela vaut encore plus pour l’UE – sont entrées en période de graves turbulences. Mais la «Trump attitude» a aussi une vertu: celle d’obliger les pays membres de l’OTAN à se poser les questions qui fâchent. La question des menaces bien sûr, en particulier par rapport au terrorisme, à la Russie, à la Chine et aux cyberattaques. La question d’une défense européenne plus autonome. La question des alliances industrielles. La question des programmes communs d’armement du futur. Et la question du donnant-donnant avec le Pentagone, dont les cohortes de généraux peuplent les états-majors et les bases de l’Alliance, soignant au passage leurs promotions, leurs carrières et les intérêts du lobby militaro-industriel américain.

Lire aussi: «L’OTAN, c’est un partage d’intérêts stratégiques communs»

Les accusations mensongères dont Donald Trump est coutumier ont le mérite de rappeler ce qu’est l’OTAN, malgré son incontestable contribution à la paix sur le continent depuis 1945: une alliance d’inégaux dont le patron est à Washington, avec des priorités à géométrie variable selon le bon vouloir du locataire de la Maison-Blanche et les besoins de ses industriels. La Suisse, pays neutre et partenaire «pour la paix» régulièrement convié aux rencontres de l’Alliance – même si Guy Parmelin ne sera pas au sommet de Bruxelles –, n’échappe pas à cette réalité, tant ses forces ont d’abord besoin d’interopérabilité avec ses voisins proches. Et ses industriels de l’armement, d’alliés européens fiables et autonomes.

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