En ces temps d’assèchement culturel et d’arts vivants à l’agonie, toute nourriture intellectuelle est bonne à prendre. Avec parfois quand même cette désagréable impression d’être comme un toxicomane en plein sevrage lorsqu’on se demande quand on retournera dans un cinéma ou un théâtre, quand on se massera à nouveau devant la grande scène d’un festival.

Tout est donc source de réjouissance, ne fût-elle qu’éphémère. C’est en tout cas comme cela, avec une réelle excitation, que j’ai accueilli la sortie de la bande dessinée Garderie pour petiots, sixième tome de la série Donjon Parade, qui s’inscrit elle-même dans la vaste saga Donjon sortie en 1998 des cerveaux un peu fous de Lewis Trondheim et Joann Sfar. Cette nouvelle est d’autant plus réjouissante que le dernier Donjon Parade est sorti il y a plus de treize ans déjà, et que les deux dessinateurs et scénaristes, champions dans l’art de partir en vrille, avaient officiellement fermé leur Donjon en 2014.