Des jeunes écrivent leur «Temps»

Données personnelles: où est la limite?

OPINION. Les récents scandales ont révélé les innombrables manipulations de nos données. En Suisse, la loi reste floue

«Le Temps» a accueilli sept jeunes de Suisse romande. Ils n’ont pas craint d’empoigner de vastes thématiques. De la résilience face à la violence à la question Greta en passant par le gaspillage alimentaire, suivez leurs contributions.

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Aujourd’hui, l’utilisation de nos données personnelles est un sujet qui concerne chacun de nous de près. Après le scandale récent de Cambridge Analytica, nos données semblent plus que jamais accessibles à tous et pour des fins les plus diverses; de l’influence exercée sur des citoyens dans le cadre d’une campagne électorale à celle dont les buts sont publicitaires.

Et cela, sans que l’on se rende souvent compte de ce qui se passe sous notre nez. Que l’on utilise Facebook, Instagram, YouTube, Google ou toutes autres surfaces d’interactions sociales dont il nous paraît difficile de se passer aujourd’hui, elles récoltent à tout moment nos données personnelles, à chacune de nos utilisations. Ces applications collectent des renseignements sur notre identité, comme notre genre, notre âge, notre état civil ou nos loisirs. Nos données personnelles servent à déterminer nos comportements et à établir différents types de profils de consommateurs; elles aboutissent à notre «profil type» et permettent d’établir des stratégies publicitaires. Nos pages internet sont ensuite alimentées avec des publicités dites ciblées.

Mais quels sont nos droits actuels face à l’utilisation de nos données? Il est loin d’être simple d’avoir un droit de regard sur ce qu’elles deviennent. Un grand flou semble régner aujourd’hui au sujet de la loi sur la protection des données dans notre pays, bien qu’une loi au niveau européen soit entrée en vigueur en août 2018; elle ne paraît pourtant pas être d’actualité chez nous pour l’instant. La loi sur la protection des données en Suisse, la LPD, interdit la diffusion des données «sensibles» des utilisateurs. Mais le terme est large et peut être aisément interprété. Il est impossible de généraliser les cas d’infractions; les suivis se font donc bien souvent au cas par cas. De cette manière, les entreprises passent facilement à travers les mailles du filet. Il semble donc aujourd’hui urgent de reprendre le contrôle de nos données.


Alexia Valzino: 19 ans, étudiante à la Faculté des lettres, Université de Lausanne.

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