Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Les contrôles de la police du travail ont été resserrés depuis janvier dernier. Les demandes de mise en conformité commencent à pleuvoir. Les employés en Suisse sont forcés de réapprendre à noter leurs heures de présence.
© CHRISTIAN BEUTLER, KEYSTONE CHRISTIAN BEUTLER

Editorial

Droit du travail: intolérable atteinte à la liberté

La comptabilité pointilleuse et systématique des heures de présence au travail tient d’un anachronisme qui aura pour conséquence de faire perdre des points de croissance à la Suisse et d’entraver la liberté du travail

Berne fait irruption sur notre lieu de travail. Alors que la prospérité du pays repose sur l’entente nouée entre employeurs et employés, l’administration veut se faire sa place au milieu des deux au motif de la régulation du temps d’activité. Prétendant assouplir une loi vieille de 52 ans, Berne multiplie les contrôles en entreprise pour s’assurer que le temps de travail de chacun est saisi. En oubliant au passage que dans le pays du plein-emploi, un collaborateur peut toujours changer d’entreprise s’il estime travailler trop. Et que la toile de fond a radicalement changé. Les avancées syndicales du début du XXIe siècle correspondaient à un univers fermé, très contraignant physiquement, mesurable et contrôlable auquel il fallait apporter des limites.

Mais nous sommes désormais dans l’ère d’un espace ouvert. Les frontières entre la vie professionnelle et privée ont volé en éclats depuis longtemps, notamment pour les cadres et les créatifs qui constituent une classe grandissante et la plus dynamique en termes de contribution au PIB. Demander à un collaborateur de calculer les moments où il travaille et ceux où il est «hors service», c’est comme demander à un enfant de différencier les moments où il apprend de ceux où il s’amuse. Le monde de l’entreprise est adulte, il n’a pas besoin d’un Etat paternaliste.

Dans les relations entre l’entreprise et le salarié, nous sommes passés d’un contrat de travail orienté sur un volume de production à fournir en un certain temps et par des moyens définis à un mandat moins formaliste mais qui détermine un job beaucoup plus compliqué, celui de délivrer une prestation de service. La manière de s’organiser importe au fond assez peu. Au salarié de remplir sa mission et l’entreprise se mêle de moins en moins de savoir comment il s’y prend: télétravail, organisation étalée dans la journée autrement que de 8h à 17h, etc. Cela s’appelle la liberté et n’a pas de prix.

Alors que le concept de salariat lui-même se voit remis en question par de nouvelles formes d’indépendance et d’entreprenariat, durcir ces conditions ne fera qu’inciter les entreprises à trouver d’autres solutions. En un mot, elles finiront par «ubériser» le marché du travail, en recourant à des robots par exemple. La comptabilité pointilleuse et systématique des heures de présence tient d’un anachronisme qui aura pour conséquence de faire perdre des points de croissance à la Suisse et d’entraver la liberté du travail.

Lire aussi: «Timbrer au travail divise les esprits»

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)